De Wever: "Il n'y a que dans la sécurité sociale que nous pouvons encore grignoter de l'argent"

09/01/16 à 16:30 - Mise à jour à 20:10

Source: Belga

Le président de la N-VA Bart De Wever ne voit la possibilité d'économies supplémentaires que dans le budget de la sécurité sociale, affirme-t-il dans une interview parue samedi dans le Tijd. Cela n'est en revanche plus possible en ce qui concerne le fonctionnement de l'Etat, dont les dépenses vont augmenter en raison de la crise des réfugiés et de la menace terroriste, laisse-t-il entendre.

De Wever: "Il n'y a que dans la sécurité sociale que nous pouvons encore grignoter de l'argent"

© Reuters

"Nous devons économiser et réformer davantage", dit Bart De Wever, "sinon ce gouvernement risque de devenir un gouvernement de stagnation".

Le président de la N-VA refuse en revanche de dire où il faut concrètement agir de la sorte. "Mais il est bien clair que si nous ne faisons pas davantage d'économies sur le budget de la sécurité sociale, nous n'épargnons alors plus du tout. Il n'y a que là que nous pouvons encore grignoter de l'argent. Ce n'est plus le cas en ce qui concerne le fonctionnement de l'Etat. Au contraire, en raison de la menace terroriste et de la crise des réfugiés, nous allons devoir dépenser davantage. Non pas par plaisir. Mais parce que nous devons assumer les tâches principales de l'Etat, telles que garantir la sécurité."

"Une N-VA plus séparatiste et anti-sociale que jamais"

Réagissant à ces déclarations sur la VRT, le vice-Premier ministre Kris Peeters (CD&V) les a qualifiées de "déraisonnables". "A un moment où des centaines de millions d'euros sont alloués aux départements de la sécurité, il ne faut pas rejeter la faute de cette manière. Il faut être plus prudent avec les déclarations sur la sécurité sociale", estime-t-il.

De son côté, le PS parle d'une "N-VA plus séparatiste et anti-sociale que jamais" qui "se moque d'un MR décrédibilisé". Le parti d'Elio Di Rupo "s'inquiète de la faiblesse et de la complicité du MR dans la dégradation de la sécurité sociale, ciment de notre pays".

"En juillet et octobre 2015, le gouvernement fédéral MR-N-VA a décidé d'économies supplémentaires dans la sécurité sociale pour plus de 1,7 milliard d'euros", rappelle le PS, soulignant que le président du MR avait pourtant déclaré en mars 2015 qu'il n'était pas question d'agir de la sorte.

Le président du MR Olivier Chastel tient, lui, à rappeler la priorité du gouvernement fédéral: "nous prenons des mesures et nous réformons pour créer de l'emploi. Créer de l'emploi, c'est renforcer la protection sociale. C'est assurer le financement de notre sécurité sociale."

"En un an et demi, le gouvernement fédéral a pris d'importantes dispositions en matière de sécurité sociale", poursuit-il, ajoutant que le gouvernement précédent (celui d'Elio Di Rupo, ndlr) n'était pas allé aussi loin. Olivier Chastel cite ainsi l'utilisation de l'enveloppe bien-être à 100%, la revalorisation des pensions ou le budget accordé pour relever certaines allocations sociales. Des mesures prises avec l'accord de la N-VA, souligne-t-il, avant de rappeler que les décisions budgétaires se prennent en accord avec les quatre familles politiques présentes autour de la table du gouvernement fédéral.

"Pas besoin des organisations patronales pour tout ralentir. Pour cela, nous avons les syndicats"

Bart De Wever regrette par ailleurs que les organisations patronales mettent souvent le frein à des réformes, comme lorsqu'il s'agit de sanctionner des malades de longue durée qui peuvent refuser de travailler ou en ce qui concerne la réforme des prépensions.

"Ce n'est pas agréable de devoir dire aux gens qu'ils doivent travailler plus longtemps. Mais, au début de cette législature, les organisations patronales estimaient que l'on n'allait pas assez loin. Et maintenant elles donnent elles-mêmes raison aux syndicats dans le Groupe des Dix en disant que l'on peut en faire moins?", s'interroge le président des nationalistes flamands. "Nous n'avons pas besoin des organisations patronales pour tout ralentir. Pour cela, nous avons les syndicats. Ils suffisent comme poids à traîner."

"Nous devons oser assouplir notre marché du travail parfois trop rigide"

Bart De Wever pointe encore différentes réformes qu'il estime nécessaires sur le marché du travail. "Nous devons réfléchir à l'introduction des flexi-jobs en dehors du secteur de l'horeca. Nous pourrions peut-être également aller plus loin en ce qui concerne le travail de nuit dans l'e-commerce. Et, bien sûr, nous devons oser assouplir notre marché du travail parfois trop rigide. Je pense aux règles en matière de licenciement mais également aux primes d'ancienneté. Et à la réintroduction de la période d'essai pour les contrats à durée indéterminée."

Cologne

Les agressions commises à l'encontre de femmes la nuit du Nouvel An à Cologne risquent, selon lui, d'avoir un impact très négatif sur la tolérance de la population à l'égard des réfugiés.

La présidente de Groen Meyrem Almaci s'est dit "choquée" face à ces derniers propos. "Oui, il semble qu'il s'agisse de réfugiés syriens, mais, non, tous les réfugiés provenant de Syrie ne s'en prennent pas à nos femmes. Nous devons agir avec force face aux hommes syriens qui dépassent la limite et nous devons expliquer clairement à tous les réfugiés quelles sont les règles dans notre société", préconise-t-elle, appelant à ne pas faire d'amalgames ni à stigmatiser.

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