Crise politique francophone : Ecolo ne participe plus aux négociations

13/07/17 à 18:00 - Mise à jour à 21:42

Source: Belga

"Même s'il y a des avancées, le système n'est pas suffisamment assaini" dit Khattabi. Les Verts n'ont donc pas l'intention de s'asseoir à la table d'une négociation en vue de former de nouvelles majorités dans les entités fédérées malgré les discussions qui ont eu lieu ces derniers jours. Le MR et le CDH se voient vendredi matin pour élaborer un projet pour Bruxelles, la Wallonie et la Fédération. Leur porte reste ouverte.

Crise politique francophone : Ecolo ne participe plus aux négociations

Khattabi © Belga

Même si des avancées ont été obtenues dans le cadre des discussions sur la gouvernance avec le MR et le cdH, elles ne permettent pas de dire que le système politique est suffisamment assaini, a expliqué la co-présidente d'Ecolo Zakia Khattabi à la sortie d'une réunion avec les présidents du cdH et du MR, Benoît Lutgen et Olivier Chastel.

"A ce stade, il n'y a pas de raison que nous allions à une table pour discuter de majorités. Aujourd'hui, même s'il y a des avancés, elles ne nous permettent pas de dire que l'on assainit notre système", a-t-elle déclaré.

Quelques points parmi d'autres continuent à poser problème aux écologistes: le décumul intégral des mandats, l'intégration des rémunérations privées dans le calcul du plafond de rémunération des mandataires publics et la dépolitisation de l'administration.

Le cdH et le MR commencent demain la discussion d'un projet, en gardant la porte ouverte

Le cdH et le MR ont annoncé jeudi soir qu'ils commenceraient vendredi matin à discuter d'un projet pour la Wallonie, Bruxelles et la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ils gardent la porte ouverte à DéFI et Ecolo, ont-ils précisé.

"Il est temps de passer à une séquence nouvelle, sur l'ensemble des entités en Wallonie, à Bruxelles et en Fédération Wallonie-Bruxelles, avec une porte qui reste largement ouverte", a expliqué le président du cdH, Benoît Lutgen, saluant l'"attitude particulièrement constructive" du MR.

"Nous voulons nous mettre au travail en pensant aux trois entités ensemble, et la porte reste ouverte. Nous le disons, nous le répétons: si Ecolo et DéFI veulent à un moment donné faire un bout de chemin et se rendre compte du travail que nous réalisons, nous sommes ouverts à la discussion", a renchéri le président du MR, Olivier Chastel.

Les deux présidents ont répété que l'heure n'était pas à l'arithmétique. Le MR et le cdH ne peuvent pourtant constituer une nouvelle majorité qu'en Région wallonne. Même si à Bruxelles et à la Fédération Wallonie-Bruxelles, le soutien d'Ecolo et/ou de DéFI est indispensable, les deux partis ne souhaitent pas se concentrer sur la seule Wallonie. "On veut pouvoir avancer sur un projet francophone global et montrer à ceux qui pourraient nous rejoindre demain que l'on travaille de concert sur les trois entités", a souligné M. Chastel.

La réunion de jeudi a débuté en présence d'Ecolo. Les centristes, les libéraux et les écologistes ont acté le résultat de leurs discussions en matière de réforme de la gouvernance publique, un préalable pour les Verts à toute éventuelle discussion en vue d'une nouvelle majorité. Si des avancées ont eu lieu, elles ont paru insuffisantes à Ecolo qui n'a donc pas souhaité aller plus loin dans le processus.

"A ce stade, il n'y a pas de raison que nous allions à une table pour discuter de majorités. Aujourd'hui, même s'il y a des avancés, elles ne nous permettent pas de dire que l'on assainit notre système", a déclaré la co-présidente Zakia Khattabi en quittant la réunion.

Quelques points parmi d'autres continuent à poser problème aux écologistes: le décumul intégral des mandats, l'intégration des rémunérations privées dans le calcul du plafond de rémunération des mandataires publics et la dépolitisation de l'administration. En début d'après-midi, Mme Khattabi précisait d'ailleurs sur Twitter que l'enjeu n'était pas une Wallonie sans le PS, "mais une Wallonie assainie, en ce compris de pratiques du #CDH lui-même".

Sans la participation d'Ecolo, libéraux et centristes devront compter sur le soutien de DéFI qui, jusqu'à présent, n'a pas manifesté d'enthousiasme à l'égard de l'initiative de Benoît Lutgen. Le président Olivier Maingain n'a pas souhaité participer aux discussions qui ont eu lieu entre MR, cdH et Ecolo malgré l'invitation qui lui a été faite. Il a eu des entretiens bilatéraux sur le thème de la gouvernance, dont un jeudi en début d'après-midi avec M. Chastel.

Le cdH estime qu'il faut "mettre de côté ses rancoeurs". "Il peut y avoir des difficultés par moments entre les formations politiques mais, à un moment, par rapport à ce qui se passe, l'intérêt francophone doit primer", a dit M. Lutgen.

Après le départ d'Ecolo, il a fallu attendre une petite heure avant de voir apparaître MM. Chastel et Lutgen qui ont annoncé le début de leurs travaux sur les matières qui appartiennent aux compétences des Communautés et Régions: emploi, économie, éducation, environnement, etc. La gouvernance ne sera pas oubliée et "les éléments importants" à propos desquels des avancées ont eu lieu seront traduits dans des textes, a assuré M. Chastel.

Le 19 juin, face à l'accumulation des affaires, le président du cdH, Benoît Lutgen, a annoncé qu'il rompait son alliance avec le PS avec lequel les centristes sont au pouvoir depuis 2004 dans les entités fédérées.

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