Crise politique en RDC - Cinq morts dans la répression des marches anti-Kabila

31/12/17 à 18:48 - Mise à jour à 18:49

Source: Belga

(Belga) Un policier et quatre civils ont été tués dimanche à Kinshasa et à Kananga (centre) en République démocratique du Congo, en marge de manifestations de catholiques contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila, interdites par les autorités.

Les forces de sécurité de la République démocratique du Congo (RDC) ont réprimé des messes dans des églises à coups de gaz lacrymogène, et empêché des marches après l'appel à manifester contre le pouvoir. "Deux jeunes ont été tués à la paroisse Saint-Alphonse de Matete", dans l'est de Kinshasa, tandis qu'une autre personnes a été tuée dans la commune populaire de Masina, a déclaré le colonel Pierrot-Rombaut Mwanamputu, porte-parole de la police, à la télévision publique. Un policier a également été tué dans la capitale, selon un communiqué du gouvernement lu à la télévision d'État. A Kananga, au Kasaï, dans le centre du pays, un homme a été tué par balles par des militaires qui ont ouvert le feu sur des catholiques en marge d'une marche contre Joseph Kabila, dont le mandat a expiré depuis décembre 2016. Coupure internet, déploiement sécuritaire, barrages policiers, stations de radios devenues muettes: les autorités congolaises ont sorti l'artillerie lourde pour étouffer les "marches pacifiques" des catholiques contre le chef de l'État, malgré l'appel des Nations unies et des chancelleries au respect du droit à manifester. Ces marches ont été organisées par les catholiques congolais, un an après la signature sous l'égide des évêques d'un accord prévoyant des élections fin 2017 pour organiser le départ du président Joseph Kabila. A Kinshasa, au moins une quinzaine de personnes ont été blessées, dont plusieurs par balles, selon le décompte d'une équipe de l'AFP qui s'est rendue dans plusieurs paroisses. La police a aussi interpellé 12 enfants de ch?ur catholiques à la sortie d'une paroisse du centre-ville. A Lubumbashi (sud-est), deuxième ville du pays, deux personnes ont été blessées par balles quand les forces de sécurité ont ouvert le feu alors que des catholiques tentaient de manifester à la sortie d'une messe. La police a également utilisé des gaz lacrymogènes et des jeunes ont répliqué par des jets de pierres. Quatre véhicules ont été incendiés et des commerces ont été pillés. Toute l'opposition et la société civile qui réclament le départ du président Kabila dès ce 31 décembre 2017 s'est jointe à l'appel des marches, interdite par les autorités comme les précédentes manifestations. (Belga)

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