Crise des migrants - Les Nations Unies intiment à l'Australie de fermer ses centres de détention offshore

13/08/16 à 01:38 - Mise à jour à 01:38

Source: Belga

(Belga) Les maltraitances dont sont victimes les réfugiés relégués par l'Australie dans des camps de détention offshore "préoccupent extrêmement" les Nations Unies qui demandent à Canberra de fermer ses centres disséminés dans les îles du Pacifique. Les responsables des violations des droits de l'homme doivent "rendre compte de leurs actes", estime encore la porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH).

Crise des migrants - Les Nations Unies intiment à l'Australie de fermer ses centres de détention offshore

Crise des migrants - Les Nations Unies intiment à l'Australie de fermer ses centres de détention offshore © BELGA

"Nous sommes extrêmement préoccupés par les graves allégations de violences, d'agressions sexuelles, de traitements dégradants et d'automutilations contenus dans plus de 1000 rapports d'incidents relevés dans les centres de traitement offshore sur Nauru, dont beaucoup auraient impliqué des enfants"", déclare la porte-parole du HCDH, Ravina Shamdasani, dans un communiqué de presse diffusé vendredi. Elle indique que les équipes du HCDH ont elles aussi constaté que les personnes envoyées dans les centres de Nauru souffraient de "graves problèmes de santé mentale en raison de leur détention et de l'absence de certitude concernant leur sort", bien qu'il soit difficile de déterminer que les incidents rapportés sont le fait des entreprises contractées par l'Australie pour gérer ces centres ou par les forces de police de Nauru. L'ONU estime que les allégations doivent faire l'objet d'enquête et que les responsables doivent "rendent compte de leurs actes". Les Nations Unies ont déjà "à maintes reprises" demandé aux autorités de Nauru et d'Australie "de mettre fin au modèle offshore de traitement et de placement des migrants", rappelle Mme Shamdasani. "Nous leur avons demandé de mettre rapidement en place des mesures pour empêcher ce type d'incidents et veiller à ce que l'intégrité physique et mentale des migrants, des réfugiés et des demandeurs d'asile soit protégée" ajoute-t-elle. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) relaie un message similaire. Une fuite de plus de 2.000 documents des services australiens de l'immigration a mis au jour la semaine passée les agressions, sévices sexuels et souffrances morales infligées aux migrants sur base des rapports des membres du personnel du centre de détention de Nauru où se trouvent quelque 442 personnes. Auparavant, les ONG Human Right Watch et Amnesty International avaient aussi dénoncé des abus à l'encontre des demandeurs d'asile et estimé que le gouvernement australien les tolérait "délibérément". Le gouvernement australien a rejeté en bloc les accusations des deux organisations et le ministre australien de l'Immigration Peter Dutton a évoqué de "fausses accusations d'agressions sexuelles"après la fuite des documents dans The Guardian Australia. L'Australie applique une politique migratoire très dure, qui consiste à repousser les bateaux de migrants. Ceux d'entre eux qui atteignent toutefois ses côtes sont envoyés dans des centres de détention sur des îles du Pacifique ou de l'océan Indien. Même si leur demande d'asile est jugée légitime, les migrants ne sont pas autorisés à venir vivre en Australie. (Belga)

Nos partenaires