Crise des migrants - Le président du Conseil européen craint une "histoire sans fin"

13/04/16 à 13:38 - Mise à jour à 13:38

Source: Belga

(Belga) Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a défendu mercredi au Parlement européen l'accord conclu le 18 mars entre l'UE et la Turquie, qui prévoit notamment le renvoi de demandeurs d'asile des îles grecques vers le territoire turc. M. Tusk a toutefois reconnu que ce accord conclu avec Ankara n'était pas "un graal politique" qui permettrait à lui seul de résoudre cette crise migratoire et ajouté qu'il craignait une "histoire sans fin".

"C'est une illusion dangereuse de penser qu'une solution idéale et effective à 100% existe. Il y a peu de solutions faciles en politique et dans ce cas-ci, c'est virtuellement impossible", a déclaré Donald Tusk, qui redoute que l'Europe soit confrontée à un effort perpétuel et multidimensionnel. Il a ensuite admis que l'accord entre l'UE et Ankara ainsi que la fermeture de la route des Balkans soulevaient des "doutes de natures éthiques et légales", et qu'il partageait certains de ces doutes. Le président du Conseil a toutefois assuré que tout avait été mis en oeuvre dans l'accord pour respecter le droit international et la dignité humaine, mais souligné que tout dépendait désormais de la mise en oeuvre des décisions prises. Le principal objectif de l'accord était de mettre un terme aux flux de migrants irréguliers depuis la Turquie, et cela semble avoir fonctionné, selon le président Tusk. Cela a permis à l'Europe d'éviter une "catastrophe politique", avec une perte du contrôle de ses frontières extérieures, la fin de Schengen ainsi que le triomphe de l'extrémisme et du populisme, a-t-il ajouté. Dans le cadre de l'accord conclu entre Ankara et l'UE, la Turquie s'est engagée à accepter le retour de tous les migrants entrés illégalement en Grèce depuis le 20 mars. Le plan prévoit aussi que pour chaque réfugié syrien renvoyé en Turquie, un autre sera "réinstallé" dans un pays européen dans la limite de 72.000 places. Depuis le 4 avril et l'entrée en vigueur effective de l'accord, 325 personnes ont été renvoyées en Turquie et 79 réinstallées en Europe, a indiqué le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. (Belga)

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