Crise des migrants - Le plan UE-Turquie également dénoncé par l'opposition turque

11/03/16 à 10:16 - Mise à jour à 10:16

Source: Belga

(Belga) Le chef du principal parti turc d'opposition, Kemal Kiliçdaroglu, a critiqué vendredi le plan proposé par le gouvernement d'Ankara pour enrayer le flot des migrants vers l'Union européenne (UE) qui, a-t-il dit, va transformer son pays en "province tampon".

"Vous transformez la Turquie en province tampon (...) donnons leur (aux pays de l'UE, ndlr) plutôt les 6 milliards d'euros (d'aide européenne) et qu'ils gardent eux-mêmes tous les Syriens, les Afghans et les Pakistanais", a déclaré M. Kiliçdaroglu, président du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) au quotidien Hürriyet. Ebauché lundi lors d'un sommet à Bruxelles et censé offrir enfin une réponse à l'afflux chaotique de réfugiés vers l'Europe, le projet d'accord prévoit la réadmission en Turquie de tous les migrants arrivés clandestinement en Grèce. En échange, les Européens s'engageraient, pour chaque Syrien renvoyé en Turquie, à accepter un demandeur d'asile syrien sur leur territoire. Ankara exige en outre le doublement de 3 à 6 milliards d'euros de l'aide proposée par l'UE pour l'accueil des Syriens qui fuient la guerre dans leur pays. La Turquie a enfin demandé une exemption de visas dès la fin juin pour ses ressortissants voulant voyager dans l'UE et l'ouverture rapide de négociations sur cinq nouveaux chapitres d'adhésion. Ces propositions doivent être finalisées d'ici un sommet de l'UE les 17 et 18 mars. M. Kiliçdaroglu s'est également inquiété que l'UE n'accepte en priorité que les Syriens les plus éduqués et formés et laisse les autres en Turquie. "Signer un tel accord qui ferait une discrimination entre les migrants constituerait un profond manque de respect pour ces êtres humains", a-t-il jugé. Le projet d'accord UE-Turquie fait l'objet de multiples critiques au sein-même des 28 pays de l'UE, alors que l'ONU et de nombreuses ONG l'ont déjà jugé "illégal". (Belga)

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