Crise des migrants - La Turquie va naturaliser des Syriens et des Irakiens, annonce Erdogan

06/01/17 à 21:59 - Mise à jour à 22:01

Source: Belga

(Belga) Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé vendredi qu'une partie des plus de trois millions de Syriens et Irakiens réfugiés en Turquie allaient être naturalisés, sans préciser le nombre de personnes visées par cette mesure controversée.

"Notre ministère de l'Intérieur est en train de mener des travaux, et dans le cadre de ces travaux, une partie d'entre eux (des Syriens et Irakiens) se verront accorder notre nationalité, après toutes les investigations nécessaires", a déclaré M. Erdogan lors d'un discours retransmis à la télévision. "Car parmi eux, il y a des gens très qualifiés, il y a des ingénieurs, des avocats, des médecins. Profitons-en", a-t-il plaidé. "Au lieu de les laisser travailler illégalement à droite ou à gauche, donnons leur l'opportunité de travailler comme des citoyens, comme des enfants de cette nation", a-t-il insisté. Le chef de l'Etat turc n'a pas précisé quand l'initiative serait prise, mais a indiqué que "notre ministère de l'Intérieur se tient prêt à prendre cette mesure à tout moment". Plus de trois millions de Syriens et d'Irakiens ayant fui leur pays en guerre ont trouvé refuge en Turquie, selon les chiffres du gouvernement turc. M. Erdogan avait une première fois évoqué un projet de naturalisation l'été dernier, provoquant des manifestations de rejet et une flambée de commentaires xénophobes sur les réseaux sociaux. L'opposition politique y a vu une manoeuvre visant à élargir la base électorale du président au moment où celui-ci veut faire passer une réforme contestée de la Constitution pour renforcer ses prérogatives qui sera soumise à un référendum. L'annonce de M. Erdogan survient par ailleurs alors que les relations entre la Turquie et l'Union européenne, qui ont conclu un pacte sur les migrants, traversent des turbulences depuis le putsch manqué en juillet suivi de purges de grande ampleur. "Regardez les Occidentaux", a raillé le président turc pendant son discours vendredi, en omettant vraisemblablement l'exemple allemand: "Ils se mettent à faire des comptes lorsqu'il s'agit d'accueillir 100, 300 ou 500 réfugiés". (Belga)

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