Crise des migrants - Amnesty dénonce des cas de "torture" par des policiers italiens

03/11/16 à 01:40 - Mise à jour à 01:43

Source: Belga

(Belga) Des policiers italiens ont eu recours à des pratiques "assimilables à de la torture" pour obtenir les empreintes digitales de migrants, affirme jeudi Amnesty International, qui rend l'Union Européenne en partie responsable de cette situation.

"Les pressions de l'Union européenne sur l'Italie, pour qu'elle se montre 'dure' envers les migrants et les réfugiés, ont conduit à des expulsions illégales et à de mauvais traitements qui, dans certains cas, sont assimilables à de la torture", écrit l'organisation de défense des droits de l'homme dans un rapport. La politique des "hotspots", centres d'enregistrement décidés par l'UE pour faciliter l'identification des migrants à leur arrivée sur le sol européen, a poussé l'Italie à agir au-delà de la légalité et conduit à des "abus choquants" de la part de certains policiers, explique Matteo de Bellis, coordinateur de ce rapport. Nombre de migrants refusent d'être identifiés à leur arrivée sur le sol italien afin de pouvoir s'installer ou déposer une demande d'asile dans le pays européen de leur choix. Sur les 24 témoignages de mauvais traitements recueillis par Amnesty sur un total de 170 entretiens, quinze font état de coups donnés, y compris avec des matraques électriques, comme l'a raconté un Soudanais de 16 ans. "Ils ont utilisé une matraque électrique plusieurs fois sur ma jambe gauche, puis sur la droite, ma poitrine, mon ventre. J'étais trop faible pour résister, à ce moment-là, ils ont pris mes deux mains" pour obtenir des empreintes digitales, a-t-il affirmé aux enquêteurs d'Amnesty. Deux autres témoignages font état de violences sur les parties génitales. Un jeune homme de 27 ans affirme ainsi avoir été contraint de s'asseoir sur une sorte de chaise percée en aluminium avant que la police n'utilise des pinces sur ses testicules, selon ce rapport. Au regard de ces témoignages, Amnesty juge indispensable qu'une enquête indépendante soit diligentée, même si "le comportement de la plupart des policiers reste professionnel et que la grande majorité des prises d'empreintes digitales a lieu sans incident". Les victimes de ces violences policières n'ont pas voulu porter plainte, a précisé M. de Bellis, interrogé par l'AFP, mais Amnesty International a porté ces faits à la connaissance du ministère italien de l'Intérieur dans une lettre qui n'a pas encore obtenu de réponse, a-t-il ajouté. (Belga)

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