Crise au Venezuela - Gouvernement vénézuélien et opposition réunis en République dominicaine pour négocier

01/12/17 à 22:33 - Mise à jour à 22:34

Source: Belga

(Belga) Le gouvernement vénézuélien de Nicolas Maduro et l'opposition ont entamé vendredi des négociations en République dominicaine, après plusieurs échecs de dialogue, afin de chercher une solution à la crise politique et économique du pays pétrolier.

Les délégués du gouvernement et ceux de la Table pour l'unité démocratique (MUD), vaste coalition d'opposition, se sont assis autour de la table, au siège du ministère dominicain des Affaires étrangères, après avoir rencontré de manière séparée les accompagnants internationaux du processus. "Nous venons déterminés à lutter pour les droits élémentaires des Vénézuéliens, le droit à la santé, le droit à l'alimentation, le droit au vote, le droit à la démocratie", a déclaré Julio Borges, qui mène la délégation de la MUD, aux journalistes avant d'entrer au ministère. "Nous écouterons ce que l'opposition a à dire, mais nous sommes venus pour exiger l'arrêt immédiat des agressions économiques contre le Venezuela", a indiqué pour sa part Jorge Rodriguez, principal négociateur du camp gouvernemental, en référence aux sanctions financières imposées par Washington, dont il rend la MUD responsable. Ce cycle de négociations, qui se poursuivra jusqu'à samedi, survient après trois échecs de tentatives de dialogue depuis 2014, dans un Venezuela ruiné par l'effondrement des cours du brut et où le chavisme concentre la quasi-totalité des pouvoirs. Le président dominicain, Danilo Medina, a dit miser sur la "bonne volonté" des deux parties. "Ce n'est pas un dialogue mais une négociation. Nous avons l'espoir de pouvoir en sortir quelque chose d'important", avait-il dit jeudi. Une partie de l'opposition s'oppose à cette prise de contacts, considérant qu'il s'agit d'une "ruse" du gouvernement socialiste. Pour Luis Vicente Leon, président de la société de sondages Datanalisis, ce scepticisme "est naturel" mais selon lui, le naufrage économique du pays, considéré en défaut de paiement partiel par plusieurs agences de notation, pourraient inciter les deux camps à nouer des accords. Selon lui, l'exécutif pourrait être disposé à donner "de l'oxygène" au secteur privé pour relancer l'économie à un moment où l'opposition ne réclame plus "la tête de Maduro" malgré la vague de manifestations qu'elle avait organisées entre avril et juillet, où 125 personnes ont trouvé la mort. Ce dialogue reprend alors que le président Maduro tente de renégocier la dette extérieure du pays, estimée à environ 150 milliards de dollars, et compte être candidat à sa réélection l'an prochain. (Belga)

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