Crise au Burundi - Burundi: les écoliers continuent à défier le pouvoir malgré la répression

20/06/16 à 09:24 - Mise à jour à 09:24

Source: Belga

(Belga) Au Burundi, la contestation n'est plus seulement dans la rue, mais aussi à l'école: en choisissant de punir sévèrement des écoliers qui s'en sont pris à la fonction présidentielle, le pouvoir n'a fait qu'attiser le sentiment de révolte des jeunes.

Crise au Burundi - Burundi: les écoliers continuent à défier le pouvoir malgré la répression

Crise au Burundi - Burundi: les écoliers continuent à défier le pouvoir malgré la répression © BELGA

Le scandale a éclaté fin mai, quand des griffonnages sur des photos du président contesté Pierre Nkurunziza dans des manuels scolaires ont été découverts, dans une école de la banlieue de Bujumbura. Sur certains livres, les yeux du président avaient été troués. Dans d'autres, sa photo avait été gribouillée et des insultes écrites. Dans un pays où le président, et sa candidature controversée à un troisième mandat en avril 2015, sont au coeur de la crise qui a fait plus de 500 morts et forcé à l'exil pas moins de 270.000 burundais, les gribouillages du portrait présidentiel ont fortement déplu au pouvoir qui a vigoureusement réagi. Pour empêcher la propagation de ces actes d'"incivilité" à l'encontre du président, réélu en juillet 2015, le régime a choisi de sanctionner sévèrement les écoliers. Des centaines d'élèves ont été renvoyés provisoirement de leurs écoles, puis pour certains réintégrés. A Muramvya (centre), 11 lycéens ont même été inculpés d'outrage au chef d'état et écroués le 3 juin. Ce jour-là, deux élèves ont été blessés et un passant tué par balles, alors que la police, qui assure "avoir tiré en l'air", dispersait une manifestation dénonçant ces arrestations. "Les enquêtes déjà menées prouvent que ces comportements criminels sont dus aux manipulations politiques pour les uns et aux échecs scolaires pour les autres", a dénoncé le porte-parole du ministère de la Sécurité publique, Pierre Nkurikiye, estimant qu'ils étaient "de nature à perturber la sécurité". Mais loin de couper court à ces gestes d'insoumission, la sévérité du gouvernement n'a fait qu'amplifier le mouvement, qui s'étend désormais à plusieurs régions. (Belga)

Nos partenaires