Crise à Charleroi : Jean-Jacques Viseur reste au poste

30/03/11 à 12:36 - Mise à jour à 12:36

Source: Le Vif

Sans surprise, Jean-Jacques Viseur reste bourgmestre de Charleroi et le cdH ne quitte par la tripartite. Le parti humaniste a toutefois posé ses conditions à ses partenaires.

Crise à Charleroi : Jean-Jacques Viseur reste au poste

© Image Globe/VIRGINIE LEFOUR

Tant la députée Véronique Salvi, que l'échevin Antoine Tanzilli et Jean-Jacques Viseur ont rappelé devant la presse en quoi avait consisté le vote intervenu lundi soir et qui devait sanctionner les malversations commises par une fonctionnaire, Brigitte Dorckens : "des faits graves, ignobles, parce qu'ils concernent les enfants défavorisés, aux parents desquels on a demandé de l'argent qui a ensuite disparu".

Le bourgmestre a insisté sur le traumatisme que ces faits causaient pour l'ensemble des fonctionnaires, victimes d'un amalgame.

Pour le cdH, les partenaires MR et PS ont violé les règles de la tripartite, mises sur pied lors du pacte de majorité, et qui mettaient au premier plan l'indispensable éthique. "Certains ne veulent plus sanctionner ce genre de faits, visiblement", ce qui est politiquement et humainement insupportable", a indiqué le bourgmestre de Charleroi.

La condition du cdH


Tenant compte des promesses que contenait ce pacte de majorité, le cdH demande dès lors à ses partenaires PS et MR "s'ils sont prêts à un sursaut éthique". "Sans cela, le cdH en tirera les conclusions qui s'imposent et quittera la majorité", a précisé Mme Salvi, chef de groupe au conseil communal. Ces deux partis doivent se prononcer "au plus tôt", a-t-elle encore indiqué, avant de se demander si "le MR a bien choisi l'éthique".

Pour l'échevin Antoine Tanzilli, le ministre de tutelle, Paul Furlan (PS), doit également réformer "par toutes voies de droit" la décision prise lundi soir, et qui revenait à ne frapper Brigitte Dorckens que d'une suspension de salaire de trois mois.

L'incident est clos

"L'incident est clos", a affirmé mercredi le président de l'Union socialiste communale de Charleroi, Paul Magnette, devant la presse.

L'essentiel pour Charleroi est d'aller de l'avant, a-t-il dit, avant de confirmer que le ministre de tutelle, Paul Furlan, allait être contacté afin qu'il étudie la manière de revenir sur le vote intervenu lundi et qui rejetait la sanction lourde infligée à Brigitte Dorckens.

Pour M. Magnette, l'important est maintenant d'aller de l'avant, notamment pour ce qui concerne le budget communal à réformer. Il a également répété le soutien du groupe PS à la tripartite et au contenu du pacte de majorité.

Interrogé sur les divisions éventuelles au sein du groupe PS du conseil communal, M. Magnette a refusé la polémique, en précisant qu'il voyait mercredi après-midi les élus PS de Charleroi.

Pour le président de l'USC de Charleroi - et ministre démissionnaire de l'Energie -, il existe effectivement un malaise, au sein des élus, quand il leur est demandé de tenir le rôle d'un jury à l'égard de fautes sur lesquelles ils doivent se prononcer. Le tout, selon lui, est de décider d'une sanction qui soit proportionnelle à la faute commise, en tenant compte du fait que ces sanctions ne doivent pas paralyser toute la vie de Charleroi.

En cas de crise politique grave à Charleroi, des élections anticipées n'auraient aucun sens, a encore dit M. Magnette.

"Une tempête dans un verre d'eau"

Pour Olivier Chastel, la menace de démission aura été "une tempête dans un verre d'eau". Il n'a jamais été question pour le MR de rupture du pacte de majorité, a-t-il dit.

Le chef de groupe MR au conseil communal a rejeté le reproche d'une rupture de confiance, même s'il y a bien eu, "comme souvent dans de tels dossiers", un débat sur la sanction à appliquer. Olivier Chastel s'est dit surpris par l'ampleur prise par l'incident survenu au cours du conseil communal de lundi, avant d'estimer que "la majorité ne fonctionne pas si mal", et qu'elle a "besoin de stabilité".

Le cdH avait, dans la matinée, avancé ses exigences à un maintien dans la tripartite : appel au ministre de tutelle pour qu'il étudie le moyen de réformer la décision prise lundi et la sanction votée, et la confirmation de l'attachement au pacte de majorité.

"Il est évident que nous rencontrons ces exigences", a souligné M. Chastel, avant de s'étonner qu'on puisse mettre en doute la volonté de son parti de respecter l'éthique et la bonne gouvernance. Il a cependant concédé qu'un malaise existait au sein des conseillers communaux, parce qu'on leur faisait jouer un rôle de juges en leur demandant d'appliquer des sanctions.

"On ne peut évoquer l'incident de lundi pour mettre en doute notre attachement à l'éthique ", a encore dit le chef de file réformateur, qui en a appelé à des dossiers mieux préparés, pour ce genre de cas, et à des sanctions proportionnelles aux fautes. Il s'est dit disposé à rediscuter de la hauteur de la sanction à appliquer, si c'est légalement possible.

Le Vif.be, avec Belga

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