Crimée: sanctions de l'UE contre la Russie pour les turbines de Siemens détournées

04/08/17 à 18:31 - Mise à jour à 18:34

Source: Belga

(Belga) L'Union européenne a imposé vendredi de nouvelles sanctions contre la Russie, visant notamment le vice-ministre de l'Energie et trois entreprises accusés du détournement vers la Crimée de quatre turbines à gaz livrées par l'industriel allemand Siemens.

Trois personnes, dont le vice-ministre russe de l'Energie Andreï Tcherezov et le directeur de la société russe qui avait acquis les turbines auprès de Siemens, sont ajoutées à la liste noire de l'UE qui leur interdit de voyager dans l'Union et gèle leurs fonds sur son territoire, indique le Conseil de l'UE dans un communiqué. Le troisième individu est un chef de service du ministère russe de l'Energie. Les personnes et entreprises en cause ont toutes contribué "à établir une source d'approvisionnement en électricité indépendante pour la Crimée et Sébastopol afin de soutenir leur séparation de l'Ukraine, et compromet l'intégrité territoriale, la souveraineté et l'indépendance de l'Ukraine", estime l'UE dans sa décision. L'Union européenne refuse de reconnaître "l'annexion" de la Crimée par la Russie, après une opération éclair en mars 2014 qui avait ensuite été entérinée par un référendum. Moscou argue que ce scrutin rend légal le retour de la péninsule jusque là ukrainienne dans le giron russe. L'UE a par conséquent édicté une série de sanctions et interdit aux entreprises européennes de commercer avec la Crimée ou d'y investir. Le groupe industriel russe Interautomatika, dans lequel Siemens détient des parts minoritaires qu'il a annoncé vouloir céder il y a deux semaines, figure parmi les entreprises sanctionnées. "Cette société spécialisée dans les systèmes de commande et de communication pour centrales électriques a conclu des contrats pour des projets concernant la construction de centrales électriques et l'installation de turbines à gaz" en Crimée, précise l'UE dans sa décision. Les deux autres sociétés visées par les sanctions sont celle qui a conclu le contrat d'achat avec Siemens pour les quatre turbines, et la société jumelle à laquelle elles ont été transférées pour être amenées en Crimée. Siemens a lancé des poursuites judiciaires en Russie à l'encontre de l'entreprise à laquelle elle avait livré les turbines et de ses responsables, réclamant le retour des turbines sur leur lieu de livraison d'origine et proposant de les racheter. Les turbines avaient été livrées à l'été 2016 et devaient, selon le contrat dont Siemens se prévaut, servir à la construction d'une centrale thermique dans la péninsule de Taman (sud de la Russie), qui fait directement face au couloir de terre de Kertch en Crimée. (Belga)

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