Conseil communal sous tension à Linkebeek (VIDEO)

05/10/15 à 20:40 - Mise à jour à 06/10/15 à 06:58

Source: Belga

Le conseil communal de Linkebeek s'est réuni lundi soir dans une ambiance surchauffée. L'ex-bourgmestre non nommé Damien Thiéry et président de séance a dû suspendre le conseil.

Conseil communal sous tension à Linkebeek (VIDEO)

Damien Thiery applaudi © BELGA

Le conseil communal de Linkebeek s'est réuni lundi soir dans une ambiance surchauffée, en présence de trois cents à trois cent cinquante personnes qui n'ont pas toutes pu accéder à la maison communale et encore moins à la salle du conseil pour assister à une séance inédite, présidée par l'ex-bourgmestre Damien Thiéry, en présence du nouveau bourgmestre issu de la minorité néerlandophone Eric De Bruycker.

Au-delà des applaudissements ou des cris de réprobation, selon le camp des partisans linkebeekois, ou non, de l'ex-bourgmestre, ou de ceux, moins nombreux, mais eux aussi bruyants, du nouveau bourgmestre néerlandophone, Eric De Bruycker, sinon, des thèses flamandes, la soirée n'a été émaillée d'aucun incident significatif. Tout au plus, a-t-on assisté à des cris hostiles aux francophones venant de quelques militants du Taal Aktie Komitee (TAK), notamment, lorsqu'à un quart d'heure de l'ouverture de la séance, Damien Thiéry est venu remercier, dans les deux langues, ses partisans, parmi lesquels les ex-bourgmestres non nommés François van Hoobrouck et Véronique Caprasse, ainsi que le chef de file du MR bruxellois, Vincent De Wolf.

La séance fut très brève, l'ordre du jour de quatre à cinq points étant rapidement épuisé.

Jan De Meulemeester est journaliste pour VTM Nieuws, il a posté des images du conseil communal sur Twitter:

Après avoir cédé la parole au nouveau bourgmestre, fraichement nommé, Damien Thiéry a fait constater par le conseil que celui-ci n'était pas en mesure d'exposer le contenu des points à l'ordre du jour, Eric De Bruycker ayant à chaque fois cédé la parole à l'échevin compétent.

Après le vote de ces points, les conseillers communaux de la majorité ont quitté la salle pour protester contre la nomination d'un bourgmestre non soutenu par la majorité, une démarche qu'ils jugent anti-démocratique. Les deux membres de l'opposition flamande au rang desquels le bourgmestre nommé dimanche, Eric De Bruycker, et le collège échevinal sont restés en séance.

L'échevin Yves Ghequiere a alors pris la parole pour reprocher au nouveau bourgmestre de s'être précipité pour prêter serment lundi matin, sans même avoir consulté la nouvelle majorité pour vérifier s'il était possible de collaborer, conformément à son propre voeu. "Vous demandez notre collaboration, et c'est une condition pour vous. Mais pourquoi ne pas l'avoir demandé avant la prestation de serment", lui a-t-il demandé.

Faute de quorum, Damien Thiéry a ensuite levé la séance.

A l'issue de celle-ci, M. Thiéry a jugé que la fonction de bourgmestre ne s'improvisait pas. Il a déploré l'absence de préparation de la séance avec les forces de l'ordre par son successeur. Il a répété que la majorité étudiait les recours à envisager contre la nomination de son successeur.

Parmi d'autres hypothèses, il n'a pas exclu la possibilité à un moment donné de devoir repasser par la case élections s'il apparaissait que le conseil communal n'avait plus de majorité. "Dans pareil cas, ce qui est clair, c'est qu'en légaliste que je suis, je respecterai l'arrêt du conseil d'Etat qui s'est prononcé pour la première fois dans ce dossier", a-t-il commenté.

Dans cette vidéo, on le voit quitter la maison communale sous les applaudissements des personnes venues le soutenir.

En juin 2014, l'assemblée générale bilingue du Conseil d'Etat avait recalé Damien Thiéry dans son recours contre sa non nomination. La Haute instance avait aussi jugé que l'interprétation de la loi sur l'emploi des langues par les bourgmestres non nommés n'était pas conciliable avec la primauté du néerlandais dans la Région de langue néerlandaise.

Ceux-ci considéraient que dans les communes à facilités, les particuliers qui avaient émis le souhait de recevoir les documents administratifs en français, ne devraient plus jamais répéter cette démarche pour les recevoir de manière effective dans leur langue.

Mais le Conseil d'Etat a également précisé que ce souhait ne devrait plus être émis pour chaque échange de document, comme le préconise la circulaire Peeters, mais par courrier, et pour une durée maximale de 4 ans renouvelable.

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