Conflit en Syrie - "Partir ou mourir", la seule alternative laissée aux Syriens, dénonce Amnesty

13/11/17 à 01:54 - Mise à jour à 01:56

Source: Belga

(Belga) Des milliers de civils syriens n'ont d'autre choix que l'exil ou une mort certaine en vertu d'accords conclus entre Damas et les groupes rebelles, dénonce lundi Amnesty International dans un rapport intitulé "Partir ou mourir - les déplacements forcés de la population au titre des accords de 'réconciliation' en Syrie". La stratégie du régime, qui se décline en sièges, homicides et déplacements forcés, constitue un crime contre l'humanité, estime l'ONG.

Amnesty International a passé au crible quatre accords dits "de réconciliation" conclus entre le régime du président Assad d'une part et des groupes armés d'opposition d'autre part. Ceux-ci ont été signés entre août 2016 et mars 2017 et ont abouti au déplacement de milliers de personnes à Daraya, Alep, al-Waer, Madaya, Kefraya et Foua. L'ONG dénonce avec force les effets dévastateurs des sièges imposés par les forces du régime. Selon Amnesty, Damas se sert "de la faim comme d'une arme de guerre" en "bloquant ou restreignant arbitrairement l'accès aux produits de première nécessité", tout en empêchant l'accès des zones touchées aux organisations humanitaires. Amnesty a recueilli les témoignages de 134 personnes sur le terrain. Parmi celles-ci, un médecin de Daraya explique avoir été contraint de voir des patients souffrant d'insuffisance rénale condamnés à mort car il était impossible d'obtenir un appareil à dialyse. Une mère de famille relate quant à elle comment son petit-fils a failli succomber en raison du manque de soins: "il a été privé de lait maternisé et d'autres nutriments essentiels, parce que je n'avais pas les moyens d'en acheter ou que les stocks des organismes humanitaires étaient épuisés", précise-t-elle. Un enseignant de Madaya raconte par ailleurs comment le régime et les forces du Hezbollah alliées à celui-ci ont mis le feu aux champs afin de "punir la population" demeurée sur place. Le rapport, long de 83 pages, revient également sur les attaques systématiques menées contre les populations civiles. Il pointe une dizaine de frappes aériennes lancées par les forces syriennes et russes sur l'est de la ville d'Alep entre juillet et décembre 2016. "Des civils, des habitations et des hôpitaux ont été délibérément pris pour cibles et des quartiers entiers ont subi des bombardements et des frappes aériennes aveugles, y compris à l'aide de bombes à sous-munitions prohibées par le droit international, de 'bombes barils' et d'armes incendiaires", fustige Amnesty International. Enfin, il est question des déplacements forcés, dans le cadre d'une stratégie de la peur. "Le régime propose une trêve ou un accord et continue d'exercer une pression militaire pour nous contraindre à l'accepter. (...) Nous avons reçu une offre de ces intermédiaires et le lendemain, les opérations militaires se sont intensifiées pour instiller la peur dans le c?ur des gens et les amener à supplier pour une solution", explique un membre du comité de négociations de Daraya. (Belga)

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