Conducteurs testés positifs à la méthadone: impossible selon l'Institut de criminologie

17/12/15 à 14:47 - Mise à jour à 14:47

Source: Belga

(Belga) Mercredi, l'ASBL Alto (alternative aux toxicomanies) indiquait avoir envoyé un courrier à différents ministres, pour les informer d'une problématique particulière: celle de personnes se trouvant sous traitement de substitution aux opiacés, dont le permis de conduire aurait été retiré à la suite de contrôles routiers. Des médecins du réseau Alto ont en effet signalé que certains patients, traités avec de la méthadone parce que souffrant d'une dépendance à l'héroïne ou à d'autres opiacés "s'étaient vu retirer le permis de conduire sur base de tests salivaires positifs pour la méthadone".

Or, estime le réseau Alto, interdire ou limiter la conduite automobile de ces patients ne se justifie pas, au vu des données scientifiques existantes et de l'importance de la conduite d'un véhicule dans la réinsertion sociale de nombre de ces patients. Tout au plus conduire doit-il être "déconseillé" lors de la phase d'induction du traitement ou lors d'ajustements conséquents de la dose. Jeudi, l'Institut Belge pour la Sécurité Routière (IBSR) et l'Institut National de Criminalistique et de Criminologie (INCC), contactés par Belga, ont apporté quelques précisions et nuances. Une des plus importantes étant que, selon l'INCC, il n'est pas possible qu'un test salivaire soit "positif à la méthadone". "Ils fonctionnent avec des anticorps dirigés contre des molécules qui ont plus ou moins une même structure chimique", explique Vincent Di Fazio, expert judiciaire en toxicologie à l'INCC. Le test salivaire opiacés réagit notamment à l'héroïne, la morphine, la codéine, mais pas à la méthadone, qui a une structure différente, précise-t-il. Si le test se révèle positif sur un consommateur de méthadone, cela peut simplement être dû à l'éventualité qu'il consomme encore en parallèle, même en petite quantité, de la drogue, suggèrent l'INCC et l'IBSR. Or, la consommation d'opiacés, contrairement à la consommation de méthadone, justifie un retrait de permis, rappelle Benoit Godart, de l'IBSR. Celui-ci rappelle d'ailleurs qu'en cas de test salivaire positif lors d'un contrôle routier, une prise de sang est effectuée pour déterminer précisément les substances présentes. En cas d'erreur, la personne contrôlée récupère son droit de conduire. "Selon nous, un chauffeur sous méthadone peut très bien être apte à la conduite, s'il prend des doses stables et ne consomme pas d'autre produit", conclut Benoit Godart. (Belga)

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