Comment Verhofstadt s'est tiré une balle dans le pied

11/01/17 à 11:33 - Mise à jour à 11:32

Source: Le Vif

Au Parlement européen, c'est la stupéfaction : on se demande quelle mouche a piqué le libéral Guy Verhofstadt, qui a pris le risque insensé de négocier - en vain - le ralliement du parti anti-euro de Beppe Grillo.

Comment Verhofstadt s'est tiré une balle dans le pied

Guy Verhofstadt © Franky Verdickt

Dans les couloirs du Parlement européen, le sujet anime toutes les conversations : comment expliquer que l'ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, chef de file du groupe libéral (ADLE) dans l'hémicycle, considéré comme l'un des eurodéputés les plus euro-fédéralistes, n'ait pas compris qu'il se tirait une balle dans le pied en cherchant à débaucher le Mouvement Cinq Etoiles du trublion Beppe Grillo, un parti démagogique et eurosceptique, qui rejette l'euro ?

Pour couronner le tout, l'opération, négociée en coulisses par Verhofstadt, a piteusement échoué : près de la moitié du groupe des libéraux européens (dont les eurodéputés allemands, français et suédois) a rejeté le projet de programme commun entre leur formation et les Italiens de M5S (Movimento 5 Stelle).

En cause : les divergences sur l'euro. L'Alliance des libéraux et démocrates annonce néanmoins vouloir entretenir une "collaboration étroite" sur des questions d'intérêt commun (environnement, transparence, démocratie directe).

Le week-end dernier, Grillo avait fait savoir sur son site qu'il voulait que ses 17 eurodéputés quittent le groupe europhobe de Nigel Farage, fondateur du parti Ukip et figure de proue du Brexit. Un groupe destiné à disparaître après le départ des élus britanniques.

Une intégration au sein du groupe des libéraux européens aurait donné au Mouvement Cinq Etoiles une forme de respectabilité dans la perspective d'un scrutin législatif anticipé en Italie. Verhostadt, lui, a tenté de convaincre M5S de renoncer à son projet de référendum sur la sortie de l'euro. En vain. D'où l'échec des négociations.

Candidat à la succession de Martin Schulz à la tête du Parlement européen, le Belge a sans doute perdu toute chance d'accéder au perchoir, estime-t-on au Parlement européen.

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