Colombie: mesures spéciales pour chercher les journalistes disparus

26/05/16 à 03:44 - Mise à jour à 03:44

Source: Belga

(Belga) Des mesures spéciales, qualifiées de "protocole humanitaire", ont été prises dans la région du Catatumbo, nord-est de la Colombie, pour retrouver trois journalistes disparus alors qu'ils enquêtaient dans ce secteur sous forte influence de la guérilla, ont annoncé mercredi les autorités.

Colombie: mesures spéciales pour chercher les journalistes disparus

Colombie: mesures spéciales pour chercher les journalistes disparus © BELGA

William Villamizar, gouverneur du département Norte de Santander, a déclaré que l'armée a "activé un protocole humanitaire, un dispositif des autorités qui permet d'instaurer un dialogue avec les organisations civiles, l'Eglise, afin d'obtenir la libération des journalistes". Deux journalistes de la radio-télévision colombienne RCN, Diego D'Pablos et Carlos Melo, sont présumés retenus depuis lundi par des hommes armés non identifiés dans la municipalité d'El Tarra où ils enquêtaient sur la disparition samedi de Salud Hernandez, correspondante hispano-colombienne du quotidien espagnol El Mundo et chroniqueuse du quotidien colombien El Tiempo. "Nous espérons que dans la journée, dans les prochaines heures, les journalistes soient libérés", a déclaré M. Villamizar à RCN. L'équipe de RCN a disparu avec un chauffeur, dont l'identité n'a pas été précisée, mais qui "a été libéré" mercredi matin et "se trouve avec les forces de l'ordre", a précisé le Défenseur du Peuple, une institution publique chargée de la défense des droits humains. Cette institution a ajouté avoir organisé une "mission humanitaire" dans le Catatumbo afin d'établir "des contacts permettant le retour des journalistes disparus". Selon le gouverneur, le prêtre de la localité, Alirio Figueroa, participe aux travaux de médiation afin "que la vie d'aucune des personnes retenues ne soit mise en danger". Plusieurs dizaines de personnes, dont des proches des journalistes, se sont rassemblées dans le centre de Bogota, en brandissant des pancartes "Libérenlos ya" (Libérez-les maintenant). Parmi elles, l'ex-président Alvaro Uribe, actuellement leader de l'opposition, qui a mis en cause le manque de présence de l'Etat dans le Catatumbo. Dans cette région d'environ 4.800 km2 sont présents des gangs de narco-trafiquants, ainsi que les guérillas de l'Armée de libération nationale (ELN), des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) et des guérilleros dissidents de l'ancienne Armée de libération populaire (EPL), aujourd'hui dissoute. Pour l'heure, aucun de ces groupes ne s'est manifesté, mais plusieurs médias, dont El Mundo, privilégient la piste d'un enlèvement par l'ELN. (Belga)

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