Close défend la décision de donner le nom de Patrice Lumumba à un square

13/05/18 à 16:45 - Mise à jour à 16:45

Source: Belga

Le bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close, a défendu dimanche, face aux critiques d'anciens coloniaux, la décision "unanime" de son conseil communal de donner à un espace public proche de la porte de Namur le nom de l'éphémère premier Premier ministre du Congo indépendant, Patrice Emery Lumumba.

Close défend la décision de donner le nom de Patrice Lumumba à un square

Philippe Close © ISOPIX

Situé à l'angle de la chaussée d'Ixelles et de la rue du Champ de Mars, à l'entrée du quartier africain de Matonge, le futur square sera inauguré le 30 juin prochain, à l'occasion du 58ème anniversaire de l'indépendance de l'ex-Congo belge, devenu République démocratique du Congo (RDC).

Invité de l'émission C'est pas tous les jours dimanche sur la chaîne de télévision privée RTL-TVI, M. Close (PS) a revendiqué "un geste politique" pour avoir soutenu ce projet porté par plus d'une vingtaine d'associations, en compagnie de la conseillère communale Lydia Mutyebele (PS également).

"On a voulu soutenir ce combat car je ne suis pas là pour décider qui sont les héros d'une communauté. Je crois qu'il y a une grande partie de la communauté d'origine congolaise ou congolaise qui a décidé que Patrice Lumumba représentait un combat juste", a-t-il affirmé en invoquant le devoir de mémoire déjà mené par la Belgique.

"C'est un vrai moment important de réconciliation que je souhaite le 30 juin", a poursuivi M. Close.

M. Lumumba a été l'une des principales figures de l'indépendance du Congo, colonie belge depuis 1908 et jusqu'au 30 juin 1960. Il était alors devenu le premier chef du gouvernement post-indépendance, accordée dans la précipitation lors de la Table ronde de Bruxelles quelques mois auparavant.

Il n'a toutefois exercé cette fonction que deux mois et demi - dans un pays immédiatement plongé dans les troubles et divisé par les rébellions - avant d'être révoqué par le président Joseph Kasa-Vubu.

C'est toutefois le futur maréchal Mobutu Sese Seko qui a scellé son sort et permis son assassinat, en l'envoyant au Katanga (sud-est). M. Lumumba est torturé dès son arrivée à Elisabethville (aujourd'hui Lubumbashi), le chef-lieu de la province séparatiste, et assassiné le 17 janvier 1961, dans des circonstances restées obscures mais en présence d'officiels belges.

Une commission parlementaire d'enquête a évoqué en 2001 une responsabilité "morale" de la Belgique. Le gouvernement avait alors présenté les excuses de la Belgique au Congo et à sa famille.

Nos partenaires