Cherchez les différences entre le CD&V et la N-VA

03/10/13 à 10:51 - Mise à jour à 10:51

Source: Le Vif

"La relation entre le CD&V et la N-VA a toujours été un rapport d'amour-haine. Cette semaine, notre confrère du Knack, Walter Pauli, compare les partis de Kris Peeters et Bart De Wever, deux hommes politiques flamands très observés en vue des élections de 2014. Entretien.

Cherchez les différences entre le CD&V et la N-VA

© Image Globe

Vous dites que les deux partis s'adressent au même public . Comment est-ce possible avec deux programmes aussi différents et parfois opposés ?

Walter Pauli: En vue de 2014, le CD&V et la N-VA souligneront surtout leurs différences, car ils ont majoritairement le même public. Pol Van den Driessche, membre de la N-VA et ancien chrétien-démocrate, le souligne lui-même : "Nous visons partiellement le même public. Appelez-le "le Flamand classique" ou du moins celui qui se considère comme tel : quelqu'un qui travaille dur, mais aime profiter de la vie, qui veut le meilleur pour sa famille et consacre du temps à la vie associative. Pour les deux partis, l'esprit de communauté et la responsabilité jouent un rôle très important. Parmi les personnes âgées, il existe peu de différences entre les électeurs potentiels du CD&V et de la N-VA".

Par conséquent, le CD&V soulignera qu'il a fait preuve de responsabilité en entrant dans le gouvernement fédéral alors que la N-VA expliquera qu'elle a assumé ses responsabilités en ne participant pas au gouvernement fédéral.

Vous écrivez: "Bart De Wever a appris à parler comme un chrétien-démocrate. Que voulez-vous dire par là?

Walter Pauli: Si on lit ses livres, qu'on analyse ses interventions de bourgmestre et qu'on adoucit son côté provocateur, on voit un homme politique dont le message va droit au coeur du public chrétien-démocrate : sa guerre contre la drogue à Anvers et son opposition au plan de réforme du ministre de l'Enseignement flamand Pascal Smet (sp.a).

L'exercice de calcul n'est pas difficile. Si Bart De Wever s'était limité à un discours purement flamingant, avec la séparation de la Belgique comme premier point de programme, de préférence à réaliser avant les vacances de Noël de 2014, il n'aurait jamais obtenu entre 30 pour cent (au Sénat en 2010) et 40 pour cent (Anvers 2012) des voix. Ce n'est possible qu'en tenant un discours large. Lisez ses interviews, ses livres, ses billets d'humeur : il a une opinion sur tout et en plus, toutes ces opinions s'intègrent dans une vision du monde cohérente.

Plus que jamais, les élections de 2014 seront caractérisées par une lutte entre les ténors de partis. Pourquoi aucun parti ne propose-t-il de candidat au poste de premier ministre ?

Walter Pauli: Parce que les deux ténors des deux plus grands partis présentent un profil flamand prononcé: Bart De Wever et Kris Peeters. C'est pourquoi Bart De Wever a annoncé qu'il sortirait un lapin blanc (ou un lionceau blanc ?) au bon moment comme candidat N-VA. On murmure qu'il pourrait s'agir du directeur d'Unizo Karel Van Eetvelt même si ce dernier nie formellement. Kris Peeters déclare vouloir rester ministre-président. Comprenez : si son parti se retrouvait en position de fournir le premier ministre, il faudrait le lui demander. Lui est "demandeur de rien". Il pourra alors poser ses exigences, et commencer la campagne avec un profil purement flamand. Entre-temps, Koen Geens, travaille également activement à son image.

Il paraît que Bart De Wever rêve d'une coalition entre la N-VA et le CD&V sans libéraux ou socialistes. Serait-ce possible ?

Cela dépend des élections: qu'est-ce qui est possible du point de vue mathématique? C'est de toute façon un modèle limité à la Flandre parce que si la N-VA entrait dans un gouvernement fédéral, le cdH comme seul partenaire est bien évidemment hors de question. Il faudrait au moins y ajouter le MR. Mais ces coalitions dépendent des élections. Pour l'instant, il est donc difficile de faire un pronostic sensé.

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