Charles Michel: "Je lance un appel à un dialogue serein avec les partenaires sociaux"

17/12/14 à 20:57 - Mise à jour à 21:17

Source: Belga

Le Premier ministre Charles Michel a invoqué mercredi le courage, le sens des responsabilités et l'espoir pour qualifier l'action entreprise par son gouvernement. Il a répété son appel à la concertation sociale, estimant que les marges de discussion avec les partenaires sociaux étaient "substantielles".

Charles Michel: "Je lance un appel à un dialogue serein avec les partenaires sociaux"

Charles Michel © Jef Boes

"J'espère que, rapidement, chacun sera prêt à prendre ses responsabilités avec le gouvernement. Je lance un appel à un dialogue serein avec les partenaires sociaux", a-t-il déclaré en conclusion de la discussion générale du budget 2015. A la "résignation" et à l'"immobilisme", M. Michel a opposé le "choix du courage et de l'espoir". "Nous prenons des mesures qui ne sont pas simples, c'est vrai, mais ne rien faire, c'est ne pas s'exposer", a-t-il ajouté.

Le chef du gouvernement fédéral n'est pas revenu sur le saut d'index, comme le demandaient les partis de l'opposition. "C'est vrai que l'on demande un effort mais c'est un effort pour créer des emplois", a-t-il expliqué. L'appel n'a pas convaincu l'opposition. "Vous devez prendre garde à ne pas devenir la caricature d'un premier ministre. Votre optimisme tourne à la naïveté", a lancé le chef de groupe écologiste, Kristof Calvo (Groen). "Où est votre courage quand vous tapez sur les uns et que vous préservez les autres? " a demandé la cheffe de groupe PS, Laurette Onkelinx, ciblant le déséquilibre entre l'effort demandé aux revenus du travail comparé aux revenus du capital.

Nous allons continuer le combat et vous faire reculer

La cheffe de groupe cdH, Catherine Fonck, a pris la défense du ministre de l'Emploi, Kris Peeters (CD&V), qui doit chapeauter la concertation sociale. "Kris Peeters est le seul à s'être engagé dans une vraie concertation et pas une concertation bidon. Mais, dans votre majorité, il y a ceux qui tentent la concertation et ceux qui, souvent de l'extérieur, soufflent sur les braises", a-t-elle lancé. Le vote du budget et de la loi-programme vendredi ouvrira la traditionnelle trêve de fin d'année. La contestation sociale ne faiblira pas pour autant, selon le PTB. "Ne comptez pas sur les deux semaines de vacances pour que les gens s'endorment. Pour la première fois, une classe sociale prend confiance en elle. Nous allons continuer la combat et vous faire reculer", a prédit Raoul Hedebouw.

"Retrouver sa virginité politique"

Si la majorité réclame l'ouverture d'une concertation sociale, le pouvoir appartient au politique et non aux partenaires sociaux, a fait remarquer le chef de groupe Open Vld, Patrick Dewael. "J'écoute ce qui se dit dans la rue, j'écoute aussi ce qui se dit rue de la Loi et jusqu'à présent, il y a toujours le primat du politique", a-t-il lancé. A la fougue mise par le PS pour critiquer le nouveau gouvernement, le chef de groupe et ex-ministre a rappelé les mesures prises par l'exécutif précédent et que prolonge l'équipe Michel. "Après 26 ans de pouvoir, il faut un peu temps pour retrouver sa virginité politique", a-t-il ajouté. Le glissement de fiscalité des revenus du travail vers d'autres revenus a nourri le débat tout au long de la journée. La N-VA et le CD&V ont posé leurs conditions à une contribution nouvelle des revenus du capital. L'Open Vld s'est montré beaucoup plus réservé. "Au sein du gouvernement, dans le calme et la sérénité, nous identifierons les meilleures mesures fiscales pour créer de l'emploi. Il n'est pas question de prendre des mesures qui n'ont pas de sens pour l'emploi", a indiqué le Premier ministre.

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