Charles Michel dit s'être "trompé" sur la N-VA

20/05/15 à 22:18 - Mise à jour à 22:18

Source: Belga

Le Premier ministre Charles Michel a dit s'être "trompé" sur la N-VA en indiquant, avant les élections, qu'il ne s'associerait pas avec elle dans un gouvernement s'il avait la main. M. Michel a dit avoir commis "une erreur d'appréciation" avant de découvrir la capacité de la N-VA de se concentrer sur un programme socio-économique abandonnant ses revendications institutionnelles.

Charles Michel dit s'être "trompé" sur la N-VA

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Il a répété avoir subi comme un "électrochoc" le choix du PS et du cdH de former des coalitions régionales de centre-gauche, une décision qui, a-t-il dit, a contribué à poser son choix au fédéral où le MR est le seul parti francophone.

"Sur la N-VA, je me suis trompé avant les élections", a indiqué le Premier ministre lors d'une interview à la RTBF au cours de laquelle il a été invité à commenter diverses contradictions entre les promesses électorales du MR et le choix de gouverner avec les nationalistes flamands qui l'a amené à une série de réformes dont la réalisation d'un saut d'index et le recul de l'âge légal de la pension à 67 ans en 2030.

J'ai commis "une erreur d'appréciation" à l'égard de la N-VA, à l'instar de nombreux observateurs francophones, "je n'étais pas convaincu qu'ils puissent renoncer à 100% de leur programme institutionnel", a indiqué M. Michel, présentant le choix du PS et du cdH (et les FDF à Bruxelles) de former des coalitions régionales de centre-gauche comme un "électrochoc". Il y avait "un risque de chaos", a-t-il dit en justifiant son choix de diriger le gouvernement fédéral avec le MR, parti représentant les francophones. Aujourd'hui, le Premier ministre dit sa "confiance" en le président de la N-VA Bart De Wever qui a "respecté sa parole". Celle-ci vaut pour la législature mais pour la suite "aucun parti ne peut forcer une réforme de l'État sans avoir de partenaires néerlandophones et francophones", a-t-il rappelé.

Alors qu'il avait promis avant les élections de ne pas toucher au mécanisme d'indexation automatique des salaires, Charles Michel a assuré n'avoir "pas changé d'avis", la décision de son gouvernement consistant, selon lui, à "suspendre une fois l'index", un engagement "solidaire" visant à préserver l'emploi et à en créer de nouveaux.

Concernant l'âge de la pension, "la promesse est tenue", a-t-il certifié, le plafond légal restant fixé à 65 ans durant la législature. L'âge légal ne reculera à 67 ans qu'à partir de 2030, a-t-il rappelé, la réforme des pensions étant rendue nécessaire par l'évolution du coût du vieillissement de la population.

Fort attendu, le tax shift sera dévoilé au début de l'été, dans les grandes lignes, et fera l'objet d'une véritable "réforme fiscale", a annoncé le Premier ministre, évoquant l'accord de gouvernement. Il faut un "électrochoc" pour les entreprises et les travailleurs, qui doivent payer moins d'impôts, a-t-il répété sans entrer dans le détail des futures mesures. Il faudra trouver quelques moyens auprès des fraudeurs, des spéculateurs et des pollueurs, a-t-il dit, restant muet sur la TVA. En matière immobilière, il faut pouvoir faire une différence entre celui qui a son propre logement et quelques revenus locatifs et celui qui "spécule lourdement", a-t-il observé, rappelant également que le secteur était porteur d'emplois. Le Premier ministre est revenu sur quelques polémiques de ces dernières semaines, assurant de son soutien la ministre de l'Énergie Marie Christine Marghem critiquée par l'opposition parlementaire pour son manque de transparence dans le prolongement de centrales nucléaires. Il a également dit que oui, "il y a génocide arménien, il n'y a pas d'ambiguïté là-dessus" alors que le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders n'avait pas prononcé ce terme à la Chambre. Charles Michel s'est montré cordial vis-à-vis de ses adversaires politiques dont le président du PS Elio Di Rupo en qui il a dit avoir "plutôt confiance" après des mois de débats souvent rugueux au parlement. Il a rappelé que l'histoire du pays et son mode de scrutin proportionnel font que PS et MR sont amenés à travailler ensemble dans les communes, les provinces, les Régions et au fédéral. Mais jusqu'en 2019, au fédéral, il y a "un cap clair, une majorité solide", a-t-il conclu.

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