CETA: "Sept jours pour rendre son avis, c'est une violation de la démocratie"

05/10/16 à 16:54 - Mise à jour à 17:46

Source: Belga

Mesurant "la gravité" de la situation, le gouvernement wallon n'en est pas moins prêt à suivre le parlement s'il approuve une nouvelle résolution contre le CETA (accord de libre-échange UE-Canada), une fois reçue la déclaration interprétative attendue.

CETA: "Sept jours pour rendre son avis, c'est une violation de la démocratie"

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Mais les sept jours qu'il lui reste pour donner sa réponse constitue déjà "une violation inacceptable de nos principes démocratiques", a affirmé mercredi le ministre-président wallon Paul Magnette, lors d'un débat thématique en plénière de l'assemblée régionale.

Le gouvernement wallon a été invité à se prononcer pour le 12 octobre prochain - date d'une réunion sur le sujet du Comité des représentants permanents (COREPER) de l'Union européenne - sur la délégation de signature qu'il refuse toujours d'accorder au gouvernement fédéral pour signer le CETA. Un conseil des ministres de l'Union européenne est programmé le 18 octobre et le traité pourrait être signé le 27 octobre lors du sommet UE-Canada, selon l'agenda exposé par M. Magnette (PS).

Le gouvernement wallon ne disposerait donc plus que de sept jours pour communiquer un éventuel changement d'avis, si la déclaration interprétative promise venait à le satisfaire. "On me l'annonce pour les prochaines heures, les prochains jours, mais je n'ai toujours rien reçu", a déploré Paul Magnette devant les députés. "La forme est une violation de nos principes démocratiques, c'est inacceptable", a-t-il martelé. M. Magnette souhaite que le parlement ait le temps de se pencher sur la portée de la déclaration interprétative avant de trancher.

Ecolo s'inquiète d'un possible revirement wallon sur le CETA

La députée Ecolo Hélène Ryckmans s'est inquiétée, mercredi lors du débat en séance plénière sur le CETA, de la possibilité ouverte "à demi-mots" par le ministre-président wallon Paul Magnette de consentir à ce traité si des modifications y sont apportées.

"Le CETA reste un traité dangereux, opaque et menaçant pour l'économie et les emplois wallons. Monsieur Magnette s'engage solennellement à respecter une nouvelle résolution qui lui demanderait de rejeter le CETA... Une telle résolution existe déjà, elle a été adoptée par le Parlement de Wallonie", a fait observer la députée d'opposition, dont le parti avait soutenu cette résolution initiale.

Le PTB, qui avait lui aussi soutenu cette résolution, a appelé par la voix du député Frédéric Gillot à "clore la discussion", avant même d'examiner la déclaration interprétative promise. Pour le MR, Virginie-Degrang-Firket s'est interrogée la schizophrénie de partis qui s'apprêteraient à refuser un accord de libre-échange équilibré avec un pays ami. La séance plénière s'est tenue en l'absence de son président André Antoine (cdH), qui mène au Canada avec d'autres députés une mission centrée sur le CETA.

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