"Ces actions doivent cesser immédiatement"

04/03/11 à 12:04 - Mise à jour à 12:04

Source: Le Vif

La fédération du commerce et des services en Belgique estime que les syndicats se trompent de cible et emploient la mauvaise méthode en lançant une journée d'action nationale vendredi.

"Ces actions doivent cesser immédiatement"

© Belga

Pour Comeos, "la coupe est pleine" et "des actions d'une telle irresponsabilité doivent cesser immédiatement".

Le blocage des magasins par les syndicats, alors que "les grévistes sont minoritaires", constitue un "comportement abusif", explique le communiqué de Comeos.

"Ne pas vouloir travailler est une chose, mais empêcher de surcroît les autres de se rendre au travail, c'est totalement inadmissible", détaille Comeos, qui ajoute que des "milliers de ménages" sont touchés par la grève.

Les syndicats se trompent d'ennemi en portant préjudice à "ceux qui offrent de l'emploi et s'efforcent de maintenir l'économie sur les rails", ainsi qu'aux consommateurs "privés de faire leurs achats hebdomadaires" et qui "ne seront pas payés parce qu'ils n'auront pas pu travailler".

"Le commerce perd littéralement de l'argent à la pelle en raison de ces agissements irresponsables", estime Dominique Michel, administrateur délégué de Comeos.

Si les syndicats ne sont pas d'accord avec l'accord interprofessionnel qu'ils ont eux-mêmes "torpillé", c'est contre le gouvernement qu'ils doivent protester, pas contre les commerçants, conclut le communiqué.

Le Syndicat Neutre pour Indépendants réclame d'urgence un service minimum Le Syndicat Neutre pour Indépendants (SNI) a condamné vendredi les actions syndicales de la FGTB et de la CGSLB et réclame d'urgence le vote d'un service minimum en cas de grève. "Nous ne comprenons pas pourquoi ces deux syndicats bloquent notre pays. L'accord interprofessionnel ne sera de toute façon plus modifié", a-t-il expliqué dans un communiqué.

Pour le SNI, les actions des syndicats socialiste et libéral sont "incompréhensibles" et ne vont "strictement rien changer à l'AIP".

"Il est insensé que les syndicats se permettent de bloquer tout le pays", la production de beaucoup d'entreprises étant réduite à cause de ces actions, ajoute le communiqué. Les entrepreneurs et les PME doivent "subir cette grève, sans aucune alternative", car la FGTB et la CGSLB n'ont "pas de concurrence".

Le SNI, qui représente les indépendants, les professions libérales et intellectuelles et les PME, réclame donc l'instauration rapide d'un service minimum.

"Si les parlementaires arrivent à trouver une majorité pour instaurer des quotas sur le nombre de femmes dans les conseils d'administration, cela devrait également être possible pour introduire un système de service minimum lors des grèves ou des actions syndicales", estime le SNI.

"Entretenir un tel climat social délétère frise l'inconscience" La journée d'action nationale "handicape le redressement de l'économie wallonne et nuit à la création d'emplois", estiment l'Union des Classes Moyennes (UCM) et l'Union Wallonne des Entreprises (UWE). "Entretenir un tel climat social délétère frise l'inconscience", ajoute leur communiqué commun.

Pour les deux organisations patronales, l'agitation sociale "marque les esprits", "décourage les entrepreneurs" et "éloigne les investisseurs".

"Il est inutile et scandaleux d'empêcher les travailleurs de travailler, les citoyens de circuler et les étudiants d'étudier", précisent l'UCM et l'UWE. "C'est un combat d'arrière-garde parfaitement vain", d'autant plus que les syndicats s'alimentent "d'informations partielles ou partiales".

En effet, selon l'UCM et l'UWE, "il est faux de parler de quasi-blocage des salaires alors que la liaison des salaires à l'indice des prix est confirmée" et handicapera d'ailleurs la compétitivité par rapport aux pays voisins au détriment de l'emploi.

En bloquant la semaine passée et vendredi l'accès aux entreprises des responsables de l'UCM et l'UWE, la FGTB "s'attaque directement à des partenaires sociaux", à qui elle demande pourtant davantage de concertation.

"L'intimidation n'est pas un moyen d'établir un dialogue social franc et sain. Ni l'UWE, ni l'UCM ne sont prêtes à discuter sous la menace ou la contrainte", conclut le communiqué.

"Une erreur historique" La Fédération des Entreprises de Belgique estime que la journée d'action nationale est une "erreur historique". "Personne ne sortira gagnant de troubles sociaux persistants, et certainement pas l'emploi", regrette Pieter Timmermans, directeur général de la FEB.

Même si, selon la FEB, on ne peut pas parler d'une mobilisation générale, les perturbations subies par les entreprises et les consommateurs sont "inacceptables".

"Dans l'actuel contexte d'incertitude politique, sociale et économique, le monde des entreprises juge que ces actions sont totalement déplacées et irresponsables. Il s'agit d'une erreur historique", assène le communiqué.

Les actions sont déplacées car elles nuisent à l'image du pays, irresponsables car elles freinent la reprise économique, et répètent une erreur historique qui "risque de provoquer l'accélération du dérapage social comme dans les années 1970" et dont on paye encore la facture aujourd'hui, ajoute la FEB.

Le directeur général de la Fédération des Entreprises de Belgique appelle dès lors la FGTB et la CGSLB à mettre un terme à leurs actions, car "personne ne sortira gagnant de troubles sociaux persistants, et certainement pas l'emploi".

Le Vif.be, avec Belga

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