Certains policiers ont-ils été protégés lors de la manifestation nationale ?

18/11/14 à 07:45 - Mise à jour à 08:14

Source: Belga

Près de deux semaines après la manifestation nationale du 6 novembre, les débordements survenus continuent de faire des vagues. Une quinzaine de casseurs sont désormais identifiés. Dernier rebondissement en date: un mail échangé la veille de la manifestation entre les plus hautes instances de l'organisation syndicale CGSP fait polémique.

Certains policiers ont-ils été protégés lors de la manifestation nationale ?

Image d'illustration © Belga

L'organisation y demande à ses membres manifestant ce jour-là de traiter avec "respect" les policiers appartenant au même syndicat. Le chef du groupe MR à la Chambre, Denis Ducarme, réclame que ce mail soit ajouté au dossier concernant les incidents survenus à la manifestation, rapporte La Dernière Heure mardi. Le mail précise que les policiers appartenant au syndicat "porteront un brassard noir en signe de solidarité".

"Cela mérite de s'interroger sur le fait qu'on veut ainsi protéger certains policiers par un signe distinctif. Avec Philippe Pivin (député fédéral MR), nous étudions également la piste d'une sollicitation du Comité permanent de contrôle des services de police (comité P)", affirme Denis Ducarme. "D'autant plus que l'objet du mail s'intitulait "Danger manifestation". Cela faisait donc clairement référence à d'éventuels débordements", ajoute le libéral.

Au-delà des 13 arrestations, une quinzaine de casseurs ont été identifiés

Au-delà des 13 arrestations du jour de la manifestation nationale, la cellule judiciaire mise en place pour collecter un maximum d'informations et identifier les casseurs a permis d'en identifier jusqu'à présent une quinzaine dont une majorité de dockers et d'autres personnes provenant des milieux d'extrême gauche et/ou anarchistes, a affirmé lundi soir le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Yvan Mayeur.

Celui-ci a été longuement interpellé, avec des tonalités différentes, par l'opposition cdH, Ecolo, FDF et N-VA au conseil communal de la Ville sur les incidents qui ont émaillé la fin de la marche de protestation, sur ce que certains syndicalistes policiers ont qualifié de refus de renfort, et sur sa propre attitude dans le contexte de la manifestation. Mais le climat des échanges fut moins passionnel que le débat ouvert par médias interposés, tous s'accordant au moins sur la nature inacceptable des faits de violence qui ont émaillé la fin de la manifestation. Les approches ont toutefois varié sur ce qu'il aurait fallu ou ce qu'il faudrait faire pour éviter de tels incidents. La ligne dure est soutenue par la N-VA, Johan Van den Driessche regrettant que les policiers ne puissent intervenir plus durement, par peur de sanctions, face à ce type d'actes, dans le contexte d'une relation de confiance ébranlée avec l'actuel bourgmestre. L'élu de la formation nationaliste a réitéré le credo de sa formation dans la fusion des zones de police bruxelloises.

Catherine Lemaître (Ecolo) s'est quant à elle prononcée avec beaucoup plus de retenue sur le recours préventif à des arrestations administratives dont l'ex-ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet (cdH) s'est montrée partisane. Disant souhaiter sortir de toute polémique politicienne sur ce dossier, celle-ci a par ailleurs dit être restée jusqu'à présent sur sa faim quant aux initiatives du bourgmestre pour restaurer la confiance avec les policiers. Fabian Maingain (FDF) a, de son côté, jugé que le pouvoir fédéral avait une part de responsabilité en sous-investissant dans l'appui policier lors de grandes manifestations dans la capitale. Yvan Mayeur a pris le temps de répondre à un maximum de questions, en livrant une foule de détails.

Après avoir exposé les initiatives qu'il a prises pour soutenir les policiers, dès les premières heures qui ont suivi la manifestation, M. Mayeur a répété que les policiers blessés et choqués pouvaient compter sur lui pour que les choses n'en restent pas à une simple prise d'acte. Idem pour les citoyens bruxellois au possessions parfois maigres vandalisées. Ils recevront comme les premiers toute l'assistance de la Ville, notamment via une constitution de partie civile de celle-ci. D'après le bourgmestre, le commandement opérationnel a été assuré par le chef de corps de la police de Bruxelles, comme cela avait été convenu avec l'ensemble des zones mobilisées.

"Sans fuir, comme cela a pu être dit, mes responsabilités, il n'en demeure pas moins qu'un bourgmestre n'assume aucune mission opérationnelle", a-t-il ajouté soulignant sa présence à proximité de la Bourse, aux côtés de policiers en civil, s'expliquait par son propre choix d'être le plus possible sur le terrain comme bourgmestre "et non en tant que manifestant". Minutage à l'appui, le bourgmestre a ensuite soutenu que chaque demande de moyens spéciaux adressée par les agents du terrain au commandement au moment où les incidents ont éclaté, avait été "immédiatement et positivement rencontrée", mais que les renforts ont mis un certain temps à arriver en raison de la configuration des lieux et du trafic rencontré.

Yvan Mayeur a enfin indiqué que dans la foulée du débriefing stratégique et tactique, une réunion avait été organisée vendredi dernier au centre de crise en présence de la police d'Anvers dans une volonté commune de comprendre ce qui s'est passé et d'éviter que cela ne se reproduise.

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