Ewald Pironet
Ewald Pironet
Ewald Pironet est rédacteur du Knack.
Opinion

29/10/14 à 13:57 - Mise à jour à 14:07

Ce que l'on a vu de la part du PS et de la N-VA est pitoyable

Tout début est difficile. C'est valable pour la N-VA, qui intègre le gouvernement fédéral pour la première fois, mais également pour le PS, qui n'a plus été dans l'opposition depuis un quart de siècle.

Ce que l'on a vu de la part du PS et de la N-VA est pitoyable

Laurette Onkelinx (PS) © BELGA

Tout a commencé il y a deux semaines. Avant que le premier ministre Michel puisse faire sa déclaration gouvernementale au parlement, le PS entendait faire du tapage. Ainsi, la députée Laurette Onkelinx a crié que "le bruit des bottes" résonnait dans le gouvernement. Une semaine plus tard, elle ne trouve toujours pas qu'elle est allée trop loin. Ses hurlements n'ont pas réussi à masquer le fait que les socialistes wallons - tout comme leurs camarades flamands - n'ont pratiquement rien à proposer comme contenu. Ils n'ont pas présenté de plan alternatif d'économies nécessaires pour redresser nos finances publiques. Que ces économies soient aussi draconiennes - trouver 12 milliards d'euros d'ici 2018 n'est pas rien - est dû, en partie, aux banques dont la politique irréfléchie nous a précipités dans une crise économique profonde. Cependant, le PS, aux commandes depuis 25 ans, ne peut échapper à sa part de responsabilité.

La N-VA non plus n'a pas fait très bonne impression. Le vice premier ministre et ministre de l'Intérieur Jan Jambon a défendu gauchement ses propos confus qui semblaient justifier la collaboration et le Secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration Theo Francken n'a pas pu faire autrement que de s'excuser d'avoir douté de la plus-value économique d'immigrés venus du Maroc. Et le manque de préparation de Siegfried Bracke à sa nouvelle tâche de Président de la Chambre n'a pas non plus contribué à la qualité du débat.

Pour la N-VA, les extravagances de Joy Donné, qui est venu chercher De Wever en Porsche pourvue de deux plaques minéralogiques différentes et qui a jeté une amende par terre devant les caméras, ajoutent encore à ce départ chaotique. Cela ne sied pas un parti qui insiste sur les devoirs des citoyens. Que Donné, qui a été travaillé au cabinet de ministres libéraux, soit nommé chef de cabinet de Jambon, a donné lieu à des bougonnements auprès de nombreux membres de la N-VA. On s'est déjà souvent demandé si la N-VA disposait de suffisamment de personnel compétent pour endosser la grande responsabilité accordée par l'électeur. Ces dernières semaines, ces doutes n'ont fait qu'augmenter.

Cependant, le contenu proposé par le gouvernement Michel est plus important que ces questions personnelles. "Je voulais cette coalition" a déclaré De Wever après la conclusion de l'accord entre la N-VA, le CD&V, l'Open VLD et le MR. "Finalement, on réforme et toutes les mesures que nous prenons sont structurelles" a-t-il ajouté. Ce n'est pourtant pas vraiment le cas quand on lit l'accord gouvernemental. Indépendamment du grand nombre d'imprécisions, les plans de réforme s'avèrent peu énergiques, concluait l'expert en budget louvaniste Wim Moesen la semaine dernière dans le magazine Knack. Ainsi, on dit depuis longtemps qu'il faut réformer nos impôts, mais l'éminence grise Frans Vanistendael (KULeuven) a constaté dans le quotidien De Standaard que la partie fiscale de l'accord "pourrait avoir été écrite par n'importe quelle coalition gouvernementale de ces cinquante dernières années et que nous restons 'dans le Moyen-Âge de la fiscalité'. Ses observations doivent faire mal à De Wever, qui a fourni le ministre des Finances en la personne de Johan Van Overtveldt.

Tout cela ne signifie pas que les mesures ne se feront pas sentir. D'après l'expert en finances publiques Herman Matthijs (Université de Gand et VUB), les économies fédérales couplées aux interventions du gouvernement flamand et des communes, entraîneront un appauvrissement.

Si tous ces efforts doivent avoir lieu sans réformes structurelles et sans projet d'avenir inspiré, cette coalition de centre droit pourrait passer pour un gouvernement d'économies obtus sans beaucoup de vision.

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