CD&V : le nouveau PS

18/11/14 à 07:58 - Mise à jour à 08:20

Source: Le Vif

Le parti le plus à gauche de la suédoise utilise ses réseaux pour déminer le conflit social. Et tenter de briser le front commun syndical. Mal pris, fragilisé, ce n'est pourtant pas lui qui provoquera une crise.

CD&V : le nouveau PS

/ © Belga

Aux premières heures de la suédoise, le politologue Dave Sinardet (VUB) avait qualifié le CD&V de "nouveau PS" au sein de la coalition fédérale. Formation la plus à gauche de cet attelage inédit avec la N-VA, le MR et l'Open VLD, le parti social-chrétien flamand confirme cette image en jouant les démineurs, après la mobilisation syndicale historique du jeudi 6 novembre. Et il fait pression pour obtenir une taxation des revenus du capital, qui ne figure pas littéralement dans un accord gouvernemental fiscalement flou.

Nommé "facilitateur", son vice-Premier ministre, Kris Peeters, utilise la mobilisation de la rue comme levier pour obtenir des "corrections sociales" et... renégocier en quelque sorte le programme gouvernemental, deux mois à peine après sa signature - en renforçant les incitants à la création d'emplois ou la taxation sur les revenus du capital par exemple. Ce faisant, il vise aussi à apaiser la colère du Mouvement ouvrier chrétien (l'ACW, rebaptisé Beweging.net en Flandre) et de son syndicat l'ACV. Objectif non avoué ? Tenter de fracturer le front commun syndical au sein duquel la FGTB apparaît bien plus jusqu'au-boutiste que sa consoeur chrétienne.

Dans un entretien au Vif/ L'Express, Wouter Beke, président du CD&V, exprime de façon très placide les intentions de son parti : "Notre objectif, c'est l'exécution de l'accord de gouvernement dans toutes ses dimensions, et ça passe par la concertation sociale, point. C'est le fonctionnement habituel d'une majorité. Les réformes des pensions ou du marché du travail menées sous le gouvernement Di Rupo ont également été sources de tensions sociales. Les ministres Alexander De Croo, Vincent Van Quickenborne (Open VLD) et Monica De Coninck (SP.A) ont alors débattu des modalités d'exécution avec les partenaires sociaux. C'est la voie à suivre. Dans sa déclaration, le Premier ministre a dit que le saut d'index devait servir à créer des emplois : cela doit être concrétisé, ce n'est pas un cadeau aux employeurs. Dans l'accord, il est prévu une réforme fiscale visant à répartir l'effort de façon plus équitable : cela doit être concrétisé. Les vice-Premiers Jan Jambon (N-VA) et Alexander De Croo (Open VLD) ne remettent pas en cause ces engagements."

Le dossier dans Le Vif/L'Express actuellement en vente. Avec :

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