29/01/18 à 08:13 - Mise à jour à 09:40

Carrefour, ING : et si nous étions responsables ?

Les drames sociaux se succèdent depuis quelques années : ING, Caterpillar et aujourd'hui Carrefour. Les jours qui suivent l'annonce des licenciements se ressemblent. Nous nous indignons, nous appelons au boycotte et nous trouvons des coupables : entreprises étrangères, le gouvernement, les syndicats ...

Carrefour, ING : et si nous étions responsables ?

© Belga

Et si nous étions, en partie, les responsables ?

En 2016, ING annonce le licenciement de 3150 employés et la fermeture de nombreuses agences. Les coupables sont désignés. L'entreprise est bénéficiaire et le gouvernement est impuissant. Pourtant, cette restructuration était prévisible. Depuis 10 ans, ING avait lancé le compte bancaire gratuit. Un compte gratuit, avec carte, pour lequel vous n'aviez pas droit aux services d'une personne de l'agence. Ensuite, nos habitudes de consommation ont évoluées avec les comptes en ligne. Les agences sont devenues de moins en moins fréquentées et le personnel excédentaire. Et si nous avions continué à profiter des services de notre agence bancaire ? Ce licenciement serait-il arrivé ?

Aujourd'hui, Carrefour annonce le licenciement de 1200 employés et une restructuration d'envergure de tous ses hypermarchés. Ceux-ci ne seraient plus rentables. Les coupables sont désignés. L'entreprise est bénéficiaire et le Gouvernement n'a rien fait depuis ING. Les hypermarchés possèdent une grande surface destinée au non-food : livres, jouets, informatiques, multimédia, Hi-Fi, vêtements. Le commerce en ligne est trop fort et impossible à concurrencer lorsqu'on doit payer un loyer, du personnel et des charges. Et si nous avions continué à acheter des livres et du multimédia au Carrefour plutôt que d'acheter depuis notre canapé ? Ce licenciement serait-il arrivé ?

Petit à petit, le commerce en ligne international détruit nos emplois et nos centres villes. Ces sociétés internationales, spécialistes de l'optimisation fiscale, amassent des montants colossaux. Pourtant, elles créent très peu d'emplois locaux et elles ne paient pas d'impôts chez nous.

Depuis quelques années, notre manière de consommer change radicalement. Nous faisons face à deux défis : la technologie qui remplace des emplois et le commerce en ligne qui produit peu d'emplois comparés aux magasins. Lorsqu'on achète un objet dans un magasin, on fait vivre la personne à la caisse, la personne qui range les rayons, le gérant, le propriétaire du bâtiment, le livreur de marchandises et beaucoup d'autres personnes. Lorsqu'on achète un objet un ligne, on fait vivre le livreur et une entreprise étrangère. La différence est nette en matière d'impôts, de charges sociales et d'emplois.

Nous connaîtrons d'autres restructurations : les petits commerces des centre villes, les magasins de vêtement, les magasins multimédias, les librairies ...

Il ne faut pas s'attendre à de la compréhension de la part de groupes comme Carrefour ou Ing. Il ne faut pas croire que le Gouvernement arrivera à stopper ces destructions d'emplois. Seul le consommateur a le pouvoir.

Et si nous changions notre manière de consommer ? Si nous allions acheter nos livres dans des magasins ? Si nous évitions d'utiliser le Self-scan et allions dire bonjour à une personne vivante ? Si nous allions demander conseil à un vendeur spécialisé ? Si nous retournions dans les banques pour demander des conseils ?

Et si nous consommions "emplois-responsable ?

Un simple citoyen

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