Cannes 2016 - Des intermittents du spectacle s'invitent à la première de Ken Loach

14/05/16 à 00:37 - Mise à jour à 00:37

Source: Belga

(Belga) Des artistes et techniciens du spectacle militant pour la défense de leur régime d'assurance chômage ont brièvement déployé vendredi soir une banderole au festival de Cannes pendant la montée des marches pour le film de Ken Loach qui dénonce justement la casse du système social.

Cannes 2016 - Des intermittents du spectacle s'invitent à la première de Ken Loach

Cannes 2016 - Des intermittents du spectacle s'invitent à la première de Ken Loach © BELGA

"Démocratie? Mon cul! bloquons l'économie!", indiquait la banderole de la Coordination des intermittents et précaires (CIP) déroulée depuis un immeuble se trouvant juste en face du Palais des Festivals. La banderole a été retirée rapidement, au bout de quelques minutes, après intervention de la police. "Comment croire que nous vivons en démocratie alors que, dans les faits, celle-ci n'est plus que fantasme de cinéma? Derrière ses paillettes, Cannes est surtout le festival de l'intermittence de l'emploi", a indiqué la CIP dans un communiqué. "Des milliers de serveurs, personnels de ménage, vigiles, chauffeurs, techniciens de surface, poseurs de moquettes, monteurs de stands, électriciens, standardistes... embauchés pour 10 jours vont irrémédiablement retourner à leur précarité, dans l'indifférence générale", ajoute ce regroupement. En France, les intermittents du spectacle sont mobilisés depuis plusieurs semaines pour défendre leur régime spécifique d'assurance chômage. Ils réclament l'application dès le 1er juillet de l'accord signé le 28 avril par l'ensemble des syndicats de leur branche. Remontant aux années 1930, le régime des artistes et techniciens du spectacle, le plus favorable d'Europe, est justifié par le caractère discontinu de leur activité professionnelle mais il est régulièrement critiqué pour son coût et accuse un déficit chronique. Vendredi, la ministre française de la Culture, Audrey Azoulay, a déclaré que "tout est fait" pour que cet accord "puisse rentrer en vigueur rapidement". Le dernier opus du cinéaste britannique Ken Loach, "Moi, Daniel Blake" suit le parcours kafkaïen d'un chômeur entre convocations à l'agence pour l'emploi, questionnaire sans fin sur sa santé et musique d'attente stupide qu'il doit écouter sans cesse avant qu'on ne lui répond. (Belga)

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