Canada: la police fédérale n'épie pas les journalistes

04/11/16 à 01:18 - Mise à jour à 01:19

Source: Belga

(Belga) La police fédérale et les services secrets canadiens ne collectent pas les données téléphoniques des journalistes, a assuré jeudi le Premier ministre Justin Trudeau, laissant entendre que cette pratique est limitée à la province du Québec.

Au total, huit journalistes ont été informés par les policiers avoir fait l'objet d'une collecte de leurs registres téléphoniques, soit tous leurs numéros d'appels entrants et sortants, a indiqué jeudi soir la police. Deux des journalistes ont été épiés par la police de Montréal et les autres par la Sûreté du Québec, qui avait obtenu le feu vert de la magistrature en 2013 de réclamer auprès des opérateurs toutes les données dans l'espoir d'identifier des sources à l'origine de fuites internes. Dans certains cas, la police du Québec avait obtenu en octobre 2013 des mandats lui permettant de consulter rétroactivement sur cinq ans les numéros reçus ou appelés des journalistes, soit entre le 1er novembre 2008 et le 1er octobre 2013. "Les Canadiens sont évidemment préoccupés par toute cette histoire qui sort de ma ville, de ma province (natale), parce que la liberté de presse, c'est essentiel pour une démocratie qui fonctionne bien", a déclaré le Premier ministre canadien lors d'une conférence de presse. Aussi, a-t-il dit, dès que l'information est sortie, "j'ai communiqué avec les patrons du Service canadien du renseignement de sécurité et de la Gendarmerie royale du Canada pour m'assurer qu'il n'y a aucune activité de ce type au niveau fédéral". "Nous nous devons d'être responsables dans notre fonctionnement, mais c'est fondamental (pour) nos valeurs, notre identité en tant que pays libre et juste, que les journalistes puissent faire leur travail, d'informer les Canadiens et donc de protéger leurs sources confidentielles". Jeudi, le gouvernement du Québec a annoncé qu'un groupe d'experts chargé de faire toute la lumière sur les agissements des corps policiers aurait le pouvoir de contraindre des personnes à témoigner. Le patron du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) a convenu jeudi que la collecte de données et leur conservation dépassait le cadre des mandats délivrés par la justice. Un tribunal fédéral a estimé jeudi que le SCRS avait illégalement collecté des données et avait dépassé ses prérogatives ou le périmètre de ses surveillances défini par des mandats de justice. (Belga)

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