Canada: "crise nationale" de surdoses mortelles aux opiacés

18/11/16 à 22:34 - Mise à jour à 22:38

Source: Belga

(Belga) La flambée de surdoses mortelles aux opiacés que connaît le Canada constitue une véritable "crise nationale de santé publique" et l'"état d'urgence" pourrait être décrété, a déclaré vendredi la ministre canadienne de la Santé.

"Si nous établissons que (l'état d'urgence) est un outil approprié, nous le décréterons", a affirmé la ministre Jane Philpott à l'ouverture à Ottawa d'un sommet national sur cette crise de santé publique. L'urgence s'explique par la prolifération d'opiacés, comme le fentanyl, un puissant sédatif à l'origine de la mort du chanteur américain Prince en avril dernier. "En 2015, environ 2.000 Canadiens sont morts d'une surdose d'opioïdes, et plusieurs provinces constatent un nombre encore plus élevé de décès en 2016", a indiqué un porte-parole du Nouveau parti démocratique (NPD, gauche), Don Davies. "Quand vous avez plus de 700 morts chaque année en Ontario, un nombre similaire en Colombie-Britannique, des chiffres en hausse en Alberta et au Manitoba, il est clair que nous devons agir urgemment", a estimé Eric Haskins, ministre de la Santé de l'Ontario. En Colombie-Britannique, 332 surdoses mortelles au fentanyl ont été dénombrées sur les neuf premiers mois de l'année, soit trois fois plus que l'an dernier. "D'une puissance estimée 100 fois supérieure à celle de la morphine", selon la police fédérale, le fentanyl peut à l'état pur, avec "une dose d'à peine deux milligrammes, (...) tuer un adulte". L'Association médicale canadienne a fait son mea culpa en reconnaissant "que les habitudes d'ordonnance d'opioïdes", souvent prescrites dans les cas de cancer ou de maladies chroniques, "comptent parmi les nombreux facteurs qui contribuent à cette crise". Pour la ministre fédérale de la Santé, la solution de cette crise passe par l'augmentation du nombre de centres d'injection de drogues médicalement supervisés et une plus grande utilisation par les premiers intervenants sur le terrain du naloxone, un antidote permettant de renverser les effets d'une overdose. Un seul centre d'injection existe en ce moment, celui de Vancouver, mais trois autres, ainsi qu'une clinique mobile, doivent prochainement ouvrir à Montréal. Mme Philpott souhaite accélérer l'ouverture de salles "dans les collectivités qui en ont besoin" en amendant la loi canadienne sur les drogues qui freine actuellement le processus. Le gouvernement de Justin Trudeau a déjà changé la loi pour que le naloxone soit accessible en vente libre et la police fédérale en a distribué à ses membres pour en "administrer par les voies nasales" aux victimes de ce fléau social. (Belga)

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