Burundi : les pro-Nkurunziza attaque l'"opposition radicale" exilée en Belgique

06/09/16 à 16:52 - Mise à jour à 16:52

Source: Belga

Le président d'un parti burundais se prétendant d'opposition mais inféodé au régime du président Pierre Nzurunziza, Jacques Bigirimana, a appelé la Belgique à mettre sur pied une commission chargée notamment d'examiner "la légalité des activités des Burundais installés en Belgique" et appartenant à l'"opposition radicale", qu'il accuse de déstabilisation de leur pays d'origine.

Burundi : les pro-Nkurunziza attaque l'"opposition radicale" exilée en Belgique

© Xinhua

"Je choisis de m'adresser à vous, peuple belge, en ce moment précis où les relations entre votre pays (...) et le nôtre, la République du Burundi connaissent une période délicate, consécutivement à la prise de position fort tendancieuse des autorités de votre pays, dans l'actuel conflit burundais", écrit M. Bigirimana dans cette lettre datée de lundi et adressée notamment à l'ambassade de Belgique à Bujumbura.

Il fait allusion à l'opposition exprimée par Bruxelles, tout comme une partie de la communauté internationale, au 3ème mandat de M. Nkurunziza - obtenu en juillet 2015 et également contesté au Burundi au nom du respect de la Constitution.

"En effet, contrairement à certains responsables politiques de votre pays qui, selon les circonstances, peuvent agir en fonction de leurs intérêts personnels ou privés, vous, le peuple belge, avez l'avantage sur vos politiciens d'avoir le recul nécessaire pour porter un jugement valable dans les conflits qui secouent la région des Grands Lacs et le Burundi en particulier", ajoute le président de la branche des FNL (Forces nationales de Libération, une ex-rébellion tutsi) reconnue par le gouvernement et donc dans la mouvance du parti présidentiel CNDD-FDD.

Il dénonce la présence en Belgique d'activistes "encouragés par le traitement de faveur dont ils bénéficient" et qui s'adonnent à des activités de nature à aggraver la crise burundaise".

Selon M. Bigirimana, cette opposition radicale "est composée essentiellement de Burundais à double nationalité, de Burundais résidant en Belgique et qui bénéficient des avantages accordés par l'Etat belge, ainsi que d'autres Burundais réfugiés ou demandeurs d'asile "qui planifient la déstabilisation de leur pays d'origine, avec des dirigeants de votre pays, dont certains sont particulièrement actifs et engagés dans cette opération". Le président des FNL - dont l'autre aile est dirigée par l'opposant Agathon Rwasa, premier vice-président de l'Assemblée nationale - ne cite toutefois aucun nom de personnalité belge.

M. Bigirimana demande dès lors aux autorités belges de mettre sur pied une commission chargée de vérifier ces informations et de "s'enquérir de la légalité des activités des Burundais installés en Belgique" et de prendre, le cas échéant, "les mesures qui s'imposent".

M. Bigirimana, qui est aussi directeur général de l'Office burundais du Thé, se présente comme responsable de l'"Union des partis de l'opposition extra-parlementaire". Il affirme "relayer une grande partie de l'opinion intérieure" au Burundi.

Ce petit pays d'Afrique centrale, ex-colonie allemande, a été administré par la Belgique de 1922 à 1962. Il est plongé dans une grave crise ayant fait plus de 500 morts - 900 selon certaines sources - depuis que M. Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature pour un troisième mandat contesté.

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