"Burqa, bla bla !, un acte de censure pur et simple", selon Guy Haarscher

09/02/12 à 09:01 - Mise à jour à 09:01

Source: Le Vif

Le philosophe Guy Haarscher, qui modérait le débat interrompu mardi soir par des chahuteurs islamistes, a condamné jeudi dans Matin Première (RTBF) "un acte de censure pur et simple", commis selon lui par "des trublions qui se comportent comme des fascistes".

"Burqa, bla bla !, un acte de censure pur et simple", selon Guy Haarscher

© Capture d'écran Youtube

M. Haarscher espère que l'essayiste Caroline Fourest, cible du chahut, reviendra à l'ULB en dépit de sa réaction initiale de colère face à des événements dont elle dit n'être la victime "qu'en Belgique". Il note toutefois qu'"il suffit d'un groupe minoritaire pour saboter un débat", dans la mesure où "les autorités académiques ne veulent pas utiliser la violence".

M. Haarscher a balayé les arguments avancés par Souhail Chichah, l'instigateur de la manifestation, qui dit avoir été lui-même la victime de perturbations similaires lors d'une conférence récente consacrée à l'humoriste controversé Dieudonné. M. Chichah pointe aussi les difficultés rencontrées il y a quelques années dans l'organisation d'un débat à l'ULB avec le penseur musulman Tariq Ramadan, qui n'a pu être invité qu'à certaines conditions.

"Ils sont pour la liberté d'expression et ils l'entravent pour se venger. Cela n'a pas de sens", a rétorqué M. Haarscher. Jugeant que Souhail Chichah, un chercheur à l'ULB, s'oppose aux valeurs mêmes de l'institution, il lui suggère de "faire sa carrière ailleurs".

Interrogé par un auditeur sur le libre-examen "à géométrie variable" de l'ULB, le philosophe a noté une différence entre les deux conférences chahutées. La conférence sur Dieudonné a donné lieu à des "échanges vigoureux", mais "le débat a pu se tenir". Ce ne fut pas le cas mardi soir, car Mme Fourest a été empêchée de s'exprimer par le bruit persistant de ses opposants, selon lui.

Plus généralement, M. Haarscher s'inquiète du repli communautariste à l'oeuvre dans la société. "Au nom de la défense de la communauté, on n'exerce plus la raison", a-t-il affirmé, jugeant cette évolution "très dangereuse pour le libre examen".

Le Vif.be, avec Belga

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