" Burqa, bla bla! ": demande de renvoi de Souhail Chichah de l'ULB

08/02/12 à 17:13 - Mise à jour à 17:13

Source: Le Vif

Dans un communiqué au ton exceptionnellement sévère ("la confrontation des idées et la possibilité de remettre en cause tous les dogmes sont des principes fondamentaux de la démocratie. Y attenter, c'est préparer le retour de l'obscurantisme et de la violence"), le PS a condamné le chahut organisé par Souhail Chichah et ses amis à l'ULB.

" Burqa, bla bla! ": demande de renvoi de Souhail Chichah de l'ULB

© Capture d'écran Youtube

"L'Université libre de Bruxelles et l'ensemble de notre classe politique doivent prendre la mesure du fait que le communautarisme radical progresse sur ses bancs et dans certains milieux dits progressistes et dans certains quartiers", insiste le groupe MR du Parlement bruxellois.

Caroline Fourest, l'essayiste française ciblée par les énergumènes, a relevé qu'il n'y avait qu'en Belgique et à l'ULB, en particulier, qu'elle ne pouvait s'exprimer librement. Elle a été mieux reçue au Yémen !

Cet incident est ressenti comme un véritable drame à l'ULB, une atteinte irréparable à l'image de l'alma mater. Le Librex, l'Association des cercles étudiants et l'Union des Anciens Etudiants ont dénoncé, dans un communiqué commun, des "méthodes fascisantes".

Dès lors, que va-t-il se passer ? Les autorités académiques vont demander le renvoi du trublion, assistant à l'ULB (faculté des sciences économiques). C'est la commission de discipline qui va instruire le dossier, le conseil d'administration agissant comme degré d'appel si la décision ne convient pas à l'intéressé ou aux autorités académiques. L'enquête pourrait durer un mois pendant lequel - c'est une hypothèse- Souhail Chichah pourrait être suspendu.

Souhail Chichah s'est dit "serein" par rapport à cette commission disciplinaire. "L'ULB va être mise face à ses contradictions et elle devra assumer sa grossière erreur face à l'opinion publique", a-t-il commenté.

"J'ai moi-même été censuré par le recteur lors d'une conférence que je devais donner en septembre dernier. Des membres du corps académique, dont un était proche du Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB), avaient à l'époque chahuté cette conférence et, eux, n'ont jamais été inquiétés. Il y a donc clairement une politique de deux poids et deux mesures dans le chef des autorités universitaires en fonction de l'origine sociale", explique Souhail Chichah.

Le chercheur assume en outre parfaitement sa participation au chahut d'un débat auquel devait participer une "islamophobe". "L'Université a une longue tradition de chahut et c'est là un signe de vivacité intellectuelle", estime-t-il.

MR, FDF et PS condamnent

Les partis politiques MR, FDF et PS ont condamné les événements de mardi soir. "Quand les huées fanatiques empêchent la tenue d'un libre débat, d'autant plus dans l'Université qui a marqué son histoire par son combat pour la liberté de conscience, il est urgent que toutes les forces démocratiques se mobilisent", ont notamment estimé les chefs de file MR au Parlement bruxellois, Vincent De Wolf et Françoise Schepmans.

"L'Université Libre de Bruxelles et l'ensemble de notre classe politique doivent prendre la mesure du fait que le communautarisme radical progresse sur ses bancs et dans certains milieux dits progressistes et dans certains quartiers", a ajouté le groupe MR du parlement bruxellois.

Le député fédéral MR, Denis Ducarme, estime quant à lui sur son blog que l'ULB doit pour rester elle-même "se séparer de ceux qui rongent les fondations qui l'ont fait phare".

Le président des Fédéralistes démocrates francophones (FDF), Olivier Maingain, demande pour sa part aux autorités académiques de prendre toutes les mesures pour que la liberté d'expression puisse être préservée. Selon le FDF, la dérive que cherche à imposer un groupe radical de l'islamisme contestataire au sein de la communauté universitaire est préoccupante et appelle une réponse claire et ferme.

Par ailleurs, le président des FDF demande aux autorités académiques de l'ULB d'organiser une rencontre avec les partis démocratiques soucieux d'affirmer le principe de la laïcité de l'Etat pour tenir en échec la montée des radicalismes religieux.

Le PS espère quant à lui que les "autorités de l'ULB feront au plus vite toute la lumière sur ces événements indignes d'une des plus grandes universités du pays, et que les mesures seront prises pour éviter que de telles méthodes puissent un jour se reproduire".

"La confrontation des idées et la possibilité de remettre en cause tous les dogmes sont des principes fondamentaux de la démocratie. Y attenter, c'est préparer le retour de l'obscurantisme et de la violence", a ajouté le parti socialiste.

M.-C.R, avec Belga

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