Budget : "travail intense" à partir de mardi prochain

08/03/13 à 14:02 - Mise à jour à 14:02

Source: Le Vif

Le Comité ministériel restreint s'est réuni vendredi matin pour fixer l'agenda des travaux budgétaires. Les vice-Premiers ministres, le ministre du Budget et le ministre des Finances travailleront de manière intense à partir de mardi prochain, avec une petite suspension pour le Conseil européen des 14 et 15 mars, a indiqué le porte-parole du Premier ministre Elio Di Rupo.

Budget : "travail intense" à partir de mardi prochain

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Des groupes de travail techniques se réunissent dès ce vendredi "car il y a un travail important d'examen et de vérification du rapport du Comité de monitoring".

Parallèlement, le ministre du Budget Olivier Chastel et le ministre des Finances Koen Geens préparent les pistes de solution, précise encore le porte-parole. Trois groupes de travail ont été constitués: recettes fiscales, sécurité sociale et dépenses.

Les travaux se prolongeront sans doute jusqu'au week-end des 23 et 24 mars. Le vice-Premier ministre MR et ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, a prévu de se rendre au Myanmar et ensuite d'accompagner la mission princière en Thaïlande. Il a décidé d'écourter sa présence dans ce pays en se limitant aux rencontres officielles. Il devrait être de retour dès le mardi 19 pour participer aux travaux budgétaires.

En arrivant au "16" pour la réunion du Comité restreint, Didier Reynders a souligné l'importance d'avoir des explications sur les recettes fiscales. "Il y a deux semaines, le ministre des Finances (Steven Vanackere) parlait encore de 1 milliard de recettes moindres.

Maintenant le Comité de monitoring chiffre à près de 2,5 milliards le dérapage des recettes fiscales. Je n'ai jamais vu cela. Il faut examiner la situation". Pour lui, il faut notamment vérifier les recettes générées par les mesures de lutte contre la fraude fiscale et la régularisation.

M. Reynders relève aussi une diminution des recettes en sécurité sociale mais dans une moindre mesure. Et d'insister sur le fait qu'on constate un dérapage important dans le secteur des salariés alors que les recettes de la sécurité sociale des indépendants sont meilleures que prévu.

Les seuls éléments positifs sont la diminution de la charge de la dette et la sécurité sociale des indépendants, a résumé M. Reynders. Il a aussi insisté sur le fait qu'il était indispensable d'avoir une discussion avec les entités fédérées. Il rappelle à ce propos qu'il reste toujours à régler "les 300 millions d'euros des compétences usurpées et les quelque 100 millions d'euros sur les pensions".

Enfin, pour Didier Reynders, la Belgique doit respecter ses engagements européens et ne peut déroger seule aux règles. Pour lui, des mesures structurelles sont possibles. "Le gouvernement a décidé la semaine dernière une importante réforme de la justice avec une diminution du nombre d'arrondissements judiciaires. Cela devrait permettre de faire des économies ou en tout cas de faire plus avec les mêmes moyens. J'ai aussi lu qu'il y avait beaucoup de directeurs à la police".

La vice-Première ministre PS Laurette Onkelinx a quant à elle insisté sur le fait que "les dépenses sont sous contrôle mais les recettes ne sont pas là". "Il y a tous les jours des entreprises qui ferment. La situation n'est pas bonne. Il faut trouver des solutions sans casser l'outil. Il faut une trajectoire intelligente", a-t-elle ajouté tout en soulignant qu'il fallait aussi "protéger les générations futures".

"On ne peut pas faire n'importe quoi", a encore dit Mme Onkelinx qui ne veut pas se laisser entraîner dans "l'obsession des chiffres". Elle a répété son refus de l'austérité et s'est dite ouverte à des propositions visant des mesures structurelles, "mais je n'entends rien de concret" à ce sujet.

Le vice-Premier Open Vld Alexander De Croo est resté très prudent. "Il faut d'abord tout analyser et comprendre ce qui se passe".

Pour la vice-Première ministre cdH Joëlle Milquet, il faut respecter l'engagement de maintenir le déficit à 2,15% du PIB. "Le gros problème ce ne sont pas les dépenses de l'État", a-t-elle dit. "C'est du côté des recettes qu'il y a un manque. On doit trouver là des choses qui ont du sens par rapport à la pénalisation de comportements, soit de fraude, soit de comportements polluants" et "diminuer la taxation sur les revenus du travail avec un meilleur équilibre sur la taxation du capital", a-t-elle indiqué.

Le nouveau vice-Premier ministre CD&V Pieter De Crem s'est refusé à toute déclaration tout comme le nouveau ministre des Finances Koen Geens. "Je suis nouveau", lancé celui-ci en s'engouffrant dans le "16".

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