Budget : "Il y a moyen de faire autre chose"

16/12/14 à 16:54 - Mise à jour à 16:54

Source: Belga

Il est possible de faire autre chose, ont martelé mardi les écologistes au lendemain de la grève nationale et à la veille du débat budgétaire en séance plénière de la Chambre. Les Verts ont présenté un budget de rechange à destination du gouvernement en tenant compte des paramètres de croissance annoncés et d'un retour à l'équilibre en 2018.

Budget : "Il y a moyen de faire autre chose"

Jean-Marc Nollet. © Belga

"Il y a un mouvement de société qui se crée, qui dit qu'il ne peut être en phase avec ce gouvernement et qui attend une alternative. Jusqu'à présent, il y a eu pour réponse Bart De Wever qui rappelle qu'il y a un accord de gouvernement et qu'il faut s'y tenir ou Didier Reynders qui annonce: on garde le cap", a expliqué le député Jean-Marc Nollet.

Le budget pluriannuel des écologistes repose sur le "shift fiscal" soit le glissement de la fiscalité sur les revenus du travail vers d'autres revenus. Les charges sur le travail seraient réduites de 3,2 milliards d'euros, soit plus que le budget du gouvernement Michel, tandis que le financement de la sécurité sociale est garanti. Parmi les mesures proposées, figure l'accroissement de la lutte contre la fraude fiscale et le remplacement des intérêts notionnels, qui profitent majoritairement aux grandes sociétés multinationales, par des mesures diminuant le coût de l'emploi et aidant l'investissement des PME. En termes de prélèvement sur le capital, les Verts veulent un régime unique et progressif, s'appuyant sur un cadastre des fortunes, qui ferait contribuer davantage 15% des Belges et préserverait les autres. Ce prélèvement sur le patrimoine rapporterait en 2018, 3,5 milliards d'euros, selon leurs calculs.

Ecolo et Groen préconisent aussi de revoir fondamentalement le régime des voitures de société pour ramener son coût à celui qu'il atteint en Allemagne ou d'augmenter le produit retiré de la rente nucléaire. En termes d'investissements, les écologistes mettent en avant la SNCB qu'ils présentent même comme une source de gain grâce à la réduction des bouchons routiers qui coûtent chaque années des sommes considérables à l'Etat, aux citoyens et aux entreprises. Au total, les recettes fiscales augmenteraient de 8,5 milliards d'euros d'ici 2018 contre 2,4 milliards dans l'épure du gouvernement Michel. Le "shfit fiscal" échauffe les rangs de la majorité depuis plusieurs semaines et semble isoler par moments le CD&V à l'égard des autres partis, particulièrement l'Open Vld et la N-VA. Lundi soir, le vice-premier ministre Open Vld, Alexander De Croo, a encore exclu toute taxe sur la fortune. Les écologistes demandent que le gouvernement fasse la clarté sur le sujet.

"Quid CD&V? Quid Kris Peeters? Ce jeu doit maintenant cesser. Il faut faire la clarté aujourd'hui. J'attends une réponse de Kris Peeters. Ce qu'Alexander De Croo a dit ne peut passer comme si de rien n'était. Il y a une majorité dans la société et au parlement pour ce tax shift", a souligné le chef de groupe commun Ecolo-Groen, Kristof Calvo. Les Verts entendent par ailleurs revenir sur les mesures annoncées en termes d'âge de la retraite, de crédit-temps, de saut d'index ou sur la dégressivité des allocations de chômage décidée sous le gouvernement Di Rupo. Ils souhaitent aussi lancer une véritable politique de lutte contre le stress au travail et le burn out.

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