Budget : De Crem veut supprimer le jour férié de la Pentecôte

24/02/12 à 14:21 - Mise à jour à 14:21

Source: Le Vif

Le ministre de la Défense Pieter De Crem (CD&V) a présenté ce vendredi plusieurs mesures destinées à ramener le budget fédéral sur les rails, plaidant notamment pour la suppression du lundi férié de la Pentecôte. Les syndicats se sont unanimement opposés à cette idée.

Budget : De Crem veut supprimer le jour férié de la Pentecôte

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"Cessons le tumulte politique, ceci est un appel au leadership", lance M. De Crem sur son site internet, quelques heures avant la remise attendue d'un rapport du comité de monitoring sur l'ampleur du trou budgétaire à combler.

Encourageant tous les niveaux de pouvoir à partir à la recherche d'un montant de 2,5 milliards d'euros, le ministre de la Défense estime qu'un retour à l'équilibre budgétaire en 2015 nécessite plus quelques mesures marginales.

"Les gens attendent désormais ce qu'ils sont en droit d'attendre de leurs dirigeants, à savoir du leadership", souligne M. De Crem.

Et d'y aller de plusieurs propositions, comme celle d'imposer un arrêt aux recrutements dans la fonction publique. "Même le recrutement sélectif ne peut plus être une option entre 2012 et 2016", estime le ministre de la Défense, qui a réduit de 8.000 unités les effectifs de l'armée depuis 2007.

Pieter De Crem propose aussi de ne plus considérer le lundi de Pentecôte comme un jour férié, "ce qui générera immédiatement une croissance économique de quelques pour-cent du produit intérieur brut (PIB)", selon lui.

"Une proposition pas sérieuse"

La FGTB, la CSC et la CGSLB sont unanimement opposés à cette suppression du lundi férié de la Pentecôte.

"C'est la période des ballons d'essai", ironise Olivier Valentin, conseiller général de la CGSLB. "Une telle proposition n'a en tout cas jamais été concertée et nous pensons que ce n'est vraiment pas une piste à suivre", ajoute-t-il.

Claude Rolin, le secrétaire général de la CSC, dénonce quant à lui une proposition qui n'est "pas sérieuse". "Ce n'est pas aux salariés à payer pour équilibrer le budget", estime-t-il.

Il est rejoint sur ce point par Anne Demelenne, la secrétaire générale de la FGTB. "Les travailleurs et les allocataires sociaux ont assez donné! On ne va pas ajouter une couche", déclare-t-elle. L'application stricte des mesures relatives à la fraude fiscale est une piste à privilégier pour atteindre l'équilibre budgétaire, selon elle.

"Nationaliser les centrales nucléaires" ?

Pieter De Crem s'attaque aussi, pêle-mêle, aux coûts salariaux "trop élevés", à la définition des produits repris dans l'indice ou au blocage des prix de l'énergie qui n'aurait qu'un faible effet sur ceux-ci. A ce sujet, une solution serait de nationaliser les centrales nucléaires, avant de les re-privatiser à des opérateurs qui auront marqué leur accord sur un Plan national concernant l'énergie.

La Belgique doit rester une "terre d'entreprise", exhorte le chrétien-démocrate flamand qui en appelle à un "changement de mentalité fondamental". "Où sommes-nous dans ce pays quand les personnes diplômées cherchent d'abord un emploi dans les pouvoirs publics? La prospérité et le bien-être doivent être garantis par la croissance et donc par l'entrepreneuriat!", s'est-il exclamé.

Le ministre a plaidé pour un impôt des sociétés "enfin" ramené à 30 pc. "De cette façon, chacun saura à quoi s'en tenir, à commencer par le fisc!".

Des "idées très créatives", selon le CD&V

Le CD&V s'est montré peu bavard après les déclarations du ministre de la Défense. "Les propositions du CD&V en vue du contrôle budgétaire seront mises sur la table des discussions par le vice-premier ministre Steven Vanackere", a indiqué le porte-parole du parti.

Quant aux propositions elles-mêmes, elles ont été qualifiées d'"idées très créatives de Pieter De Crem".

Le Vif.be, avec Belga

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