Budget 2016: 245 millions d'euros de déficit pour la Fédération Wallonie-Bruxelles au lieu de 200 millions prévus à l'initial.

11/05/16 à 18:14 - Mise à jour à 18:14

Source: Belga

Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a ajusté mercredi son budget 2016, lequel sera marqué par un déficit un peu plus prononcé: 245 millions d'euros, au lieu des 200 millions prévus à l'initial.

Budget 2016: 245 millions d'euros de déficit pour la Fédération Wallonie-Bruxelles au lieu de 200 millions prévus à l'initial.

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Si les recettes de la Fédération seront cette année finalement un peu plus élevées (de 33 millions d'euros) qu'anticipé, de nouvelles dépenses sont toutefois venues grever davantage le budget. Il y a d'abord le dépassement de l'indice pivot dès ce mois de mois de mai, ce qui entraînera une indexation automatique des salaires des enseignants et fonctionnaires (+54 millions d'euros).

Puis, les dépenses liées à l'accueil des réfugiés (+15,5 millions). Celles générées par le boom démographique (+14 millions d'euros en frais d'encadrement et de fonctionnement dans les écoles). A quoi il convient encore d'ajouter un litige vieux de 27 ans que la Fédération vient de perdre définitivement à propos des charges sociales des enseignants (+38 millions d'euros), la mise en oeuvre du nouveau contrat d'administration de la Fédération (+4,7 millions), et les frais liés à la reconstruction de l'école du Shape.

La majorité PS-cdH a bien décidé de mener quelques économies nouvelles, notamment par une réestimation des traitements de la fonction publique (5 millions d'euros) ainsi qu'une meilleure gestion de la dette (3 millions) d'euros, mais celles-ci ne compenseront pas les dépenses nouvelles. "Vu le contexte de radicalisation, l'accueil des réfugiés, nous n'avions pas d'autre solution que d'encaisser un certain nombre de coûts", a justifié mercredi le ministre-président, Rudy Demotte, lors d'une conférence de presse. "Nous n'avons pas voulu tailler dans des compétences jugées essentielles".

La Fédération prévoit en conséquence d'achever l'exercice en cours sur un déficit de 245 millions d'euros, soit davantage que les 200 millions prévus à l'initial. Un dérapage qui pourrait encore s'alourdir de quelque 16 millions d'euros en fonction de l'issue (positive ou non) de discussions toujours en cours avec le fédéral concernant le financement des infrastructures hospitalières, transférées dans le cadre de la 6e réforme de l'Etat. Présente mercredi aux côtés de Rudy Demotte pour présenter l'ajustement, la nouvelle vice-ministre-présidente cdH, Alda Greoli, a défendu le résultat, fruit d'un travail de plusieurs semaines. "On a vraiment retenu les investissements les plus rentables pour la population, notamment pour la construction de nouveaux bâtiments scolaires", a-t-elle ainsi souligné.

Aux critiques de l'opposition après l'arrivée d'un ministre supplémentaire au gouvernement à la suite du départ de Joëlle Milquet, la majorité PS-cdH a répété mercredi que la décision n'entraînerait aucune augmentation des dépenses de cabinets ministériels. Par ailleurs, après la récente découverte de détournements de fonds par un comptable affecté au Centre du cinéma et de l'audiovisuel de la Fédération, le gouvernement a décidé de procéder à l'engagement de 8 équivalents temps-plein pour renforcer les effectifs affectés au contrôle interne. "On a pris le taureau par les cornes", a défendu le ministre du Budget et de la Fonction publique, André Flahaut. "Huit équivalents temps-plein viendront renforcer la brigade de comptables (qui ne compte à l'heure actuelle que quatre personnes, ndlr)".

Selon le ministre, ces comptables supplémentaires permettront d'auditer plus efficacement les différents services de la Fédération, et au besoin prodiguer des formations aux fonctionnaires qui en auraient besoin. Le projet d'ajustement 2016 sera soumis début juin devant le Parlement, pour une adoption en plénière prévue en juillet. Le budget de la Fédération se monte à quelque 10 milliards d'euros sur base annuelle, dont les trois quarts servent à financer la politique d'éducation dans la partie francophone du pays.

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