Brésil : le tribunal suprême dessaisit le juge chargé de l'enquête sur Lula

01/04/16 à 03:55 - Mise à jour à 03:55

Source: Belga

(Belga) Le Tribunal suprême fédéral (STF) brésilien a dessaisi jeudi provisoirement le juge Sergio Moro du volet de son enquête sur le scandale de corruption Petrobras visant l'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva.

Brésil : le tribunal suprême dessaisit le juge chargé de l'enquête sur Lula

Brésil : le tribunal suprême dessaisit le juge chargé de l'enquête sur Lula © BELGA

Les juges du STF ont pris cette décision lors d'un vote à la majorité de leurs membres. Ils décideront ultérieurement, après examen du dossier, si une partie de l'enquête ne doit pas leur revenir définitivement, dans la mesure où certaines écoutes téléphoniques de Lula font apparaître des personnalités protégées par un statut spécial, en particulier la présidente de gauche Dilma Rousseff. L'ex-président Lula est soupçonné de "corruption" et de" blanchiment d'argent" par le juge Moro dans le cadre de son enquête sur les détournements de fonds au sein du groupe étatique pétrolier Petrobras. Le 16 mars, la nomination de Lula au gouvernement, comme chef de cabinet (quasi Premier ministre) de Mme Rousseff, avait suscité une vive controverse dans la mesure où son statut de ministre lui faisait échapper à la menace d'un placement en détention par le juge Moro. Le juge Moro avait, le jour même, rendu publique une conversation renforçant ces soupçons : la présidente Rousseff y informait Lula qu'elle lui faisait parvenir rapidement son décret de nomination "en cas de nécessité". Les ministres et parlementaires brésiliens jouissent en effet d'une immunité particulière et ne peuvent répondre pénalement de leurs actes que devant le STF. La nomination de Lula a depuis été paralysée provisoirement par un magistrat du STF qui a jugé qu'elle pouvait constituer une manoeuvre illégitime visant à le soustraire à la justice commune. Le juge Moro a présenté mardi une demande d'excuses au STF pour avoir divulgué cette écoute. Il a regretté "la controverse" et "les polémiques et malentendus inutiles" provoqués par sa décision. (Belga)

Nos partenaires