Brésil: le sénat adopte un projet prévoyant des peines plus dures pour le viol collectif

01/06/16 à 20:42 - Mise à jour à 20:42

Source: Belga

(Belga) Le Sénat brésilien a approuvé à l'unanimité un projet de loi reconnaissant le "viol collectif" et aggravant les peines de prison pour ce crime, en pleine affaire touchant une adolescente à Rio.

Brésil: le sénat adopte un projet prévoyant des peines plus dures pour le viol collectif

Brésil: le sénat adopte un projet prévoyant des peines plus dures pour le viol collectif © BELGA

Le texte voté mardi soir en un temps record et qui doit désormais passer à la Chambre des députés alourdit les peines pour viol qui vont aujourd'hui de six à 10 ans de prison. Il prévoit de faire passer de 15 à 25 ans de réclusion les peines pour viol de mineurs de moins de 14 ans. Dans le cas de victimes de 14 à 17 ans la peine maximum sera de 16 ans, et de 13 ans pour les plus de 18 ans. En cas de décès de la victime, la peine prévue est de 30 ans, comme c'est déjà le cas dans la loi actuelle. Le viol d'une jeune fille, survenu le 21 mai dans une favela de le zone ouest de Rio, filmé et posté sur internet, a choqué le Brésil et au-delà, à deux mois du début des Jeux Olympiques. Elle montre la jeune fille de 16 ans allongée sur un lit, manifestement inconsciente. Un homme expose ses parties intimes en sang tandis que d'autres assurent que "plus de trente" d'entre eux l'ont violée. Trois des suspects ont été arrêtés tandis que trois autres, qui font l'objet d'un mandat d'arrêt, sont toujours recherchés. Selon les statistiques de 2015, la zone ouest de Rio a concentré près de la moité des plaintes pour viols: 705 sur 1.610 au total. Par ailleurs, Fatima Pelaes, la nouvelle secrétaire d'Etat pour la Politique des femmes du gouvernement par intérim de Michel Temer, s'est déjà prononcée "contre l'avortement" en cas de viol, rappelle la presse. Dans le plus grand pays catholique du monde, l'avortement est possible uniquement en cas de viol, quand la vie de la mère est en danger ou dans le cas de foetus acéphales (sans cerveau). En 2010, à la Chambre des députés, Mme Pelaes avait révélé être "le fruit d'un viol": sa mère, qui était détenue pour un crime passionnel, avait été violée en prison. Elle avait précisé être devenue "anti-avortement" après sa conversion à une église évangélique. (Belga)

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