Brésil: le principal allié de Rousseff se donne 30 jours pour décider de rompre, ou non

12/03/16 à 21:04 - Mise à jour à 21:04

Source: Belga

(Belga) Le grand parti centriste brésilien PMDB, incontournable allié de la gauche au pouvoir, s'est donné samedi 30 jours pour décider d'une rupture, ou non, avec la présidente Dilma Rousseff, menacée par une procédure parlementaire de destitution.

"Le gouvernement a pris de mauvaises décisions. Il est en train de couler et le PMDB ne peut couler avec lui. Nous nous sommes donnés un délai de 30 jours pour trouver la meilleure issue", a déclaré Osmar Terra, député du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), réuni samedi en congrès national à Brasilia. Dans une ambiance hostile à la présidente brésilienne, confrontée à une crise politique majeure, les délégués du PMDB ont également voté une motion interdisant aux membres du parti d'assumer de nouveaux ministères, alors que le PMDB devait hériter la semaine prochaine du portefeuille de l'Aviation civile. Pilier de la coalition dirigée par le Parti des travailleurs (PT, gauche) de Dilma Rousseff, le PMDB est la première force parlementaire du Brésil, avec 65 députés sur 513 et 18 sénateurs sur 81. Il compte sept ministères au sein du gouvernement. Ses délégués devaient réélire dans la journée à la tête du parti leur président sortant Michel Temer, vice-président du Brésil, qui assumerait le pouvoir jusqu'aux prochaines élections de 2018 en cas de destitution de Dilma Rousseff. Le PMDB est très divisé entre légalistes, partisans du maintien du pacte de gouvernement avec le PT et ceux qui prônent la rupture totale avec la gauche au pouvoir. Une procédure parlementaire de destitution contre Mme Rousseff a été lancée en décembre à l'Assemblée, à l'initiative de l'opposition. Elle a ensuite été freinée par le Tribunal suprême fédéral (TSF), mais devrait rebondir très rapidement dès que la haute juridiction aura fixé définitivement les règles de son cheminement, mercredi prochain. Le Congrès national du PMDB se tient à la veille de manifestations convoquées dans tout le pays par l'opposition pour réclamer le départ "du gouvernement corrompu" de Dilma Rousseff. L'opposition surfe sur les récents déboires judiciaires de l'ex-président Lula, prédécesseur et mentor de Dilma Rousseff. Elle espère une participation massive aux manifestation de dimanche pour faire pression sur les députés hésitants à voter en faveur de la destitution de la présidente de gauche. (Belga)

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