Brésil: la défense de Rousseff ferraille contre une destitution "coup d'État"

05/04/16 à 02:35 - Mise à jour à 02:35

Source: Belga

(Belga) L'avocat général de l'État brésilien, Eduardo Cardozo, a mis en garde lundi soir les députés contre la tentation de se rendre complices d'un "coup d'État" institutionnel en destituant la présidente Dilma Rousseff au seul motif de sa grande impopularité.

Brésil: la défense de Rousseff ferraille contre une destitution "coup d'État"

Brésil: la défense de Rousseff ferraille contre une destitution "coup d'État" © BELGA

Accusée d'avoir maquillé les comptes publics en 2014 et 2015, la dirigeante de gauche est engagée dans une course contre-la-montre pour tenter de désamorcer la bombe à retardement de son impeachment, à deux semaines d'un vote crucial des députés. Mme Rousseff se débat au milieu d'une crise politique historique envenimée par une sévère récession économique et l'énorme scandale de corruption Petrobras qui éclabousse sa coalition parlementaire en lambeaux et a fait plonger sa popularité au plus bas. Lundi soir, l'ancien ministre de la Justice de Dilma Rousseff et actuel avocat général du Brésil, José Eduardo Cardozo, est monté au créneau pour défendre la présidente devant les 65 députés de la Commission spéciale du Congrès chargés de soumettre à leur assemblée plénière un rapport non contraignant en faveur ou contre la destitution. "Ce qui est en jeu, c'est la démocratie au Brésil, l'État de droit", a-t-il martelé, mettant en garde les députés contre une "erreur historique". Le défenseur de la présidente a fustigé le vice originel d'une procédure lancée par le président du Congrès des députés, Eduardo Cunha "pour se venger" de la procédure disciplinaire lancée contre lui au parlement en raison des lourds soupçons de corruption pesant sur lui dans le dossier Petrobras. "Le Brésil est à la merci d'un maître changeur", a lancé M. Cardozo. La Commission spéciale parlementaire sur l'impeachment, dont 36 des 65 membres sont cités dans des enquêtes judiciaires, doit remettre son rapport en début de semaine prochaine à l'Assemblée plénière dont le vote pourrait intervenir autour du 15 avril. (Belga)

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