Brésil: Dilma Rousseff sur tous les fronts pour éviter l'impeachment

31/03/16 à 19:41 - Mise à jour à 19:41

Source: Belga

(Belga) La gauche brésilienne, l'ex-président Lula en tête, se mobilisait jeudi pour manifester en soutien à la présidente Dilma Rousseff, qui lutte sur tous les fronts pour tenter de faire barrage à sa destitution.

Brésil: Dilma Rousseff sur tous les fronts pour éviter l'impeachment

Brésil: Dilma Rousseff sur tous les fronts pour éviter l'impeachment © BELGA

Le Parti des travailleurs (PT) au pouvoir depuis 13 ans et sa mouvance sociale ont convoqué dans l'après-midi des manifestations dans 31 villes du pays, espérant une démonstration de force pour faire pression sur les députés hésitants. Le prédécesseur et mentor politique de Dilma Rousseff, Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), devait défiler en tête de la manifestation de Brasilia "en défense de la démocratie". L'icône de la gauche brésilienne, qui a présidé au boom socio-économique du géant émergent d'Amérique latine, a exhorté sur Facebook ses partisans à "lutter contre le coup d'Etat". Dans la matinée, la présidente s'est entourée d'artistes et d'intellectuels acquis à sa cause au palais présidentiel. Au même moment à l'assemblée, le ministre du Budget Nelson Barbosa s'est efforcé de convaincre la Commission spéciale d'impeachment que les accusations de maquillages budgétaires dirigées contre la présidente étaient infondées. Mme Rousseff, de plus en plus esseulée et impopulaire, se débat au milieu d'un séisme politique de dimension historique, envenimé par le méga-scandale de corruption Petrobras et la sévère récession économique qui mine le Brésil. Mardi, le départ fracassant de sa coalition chancelante du grand parti centriste PMDB, a considérablement augmenté les probabilités de sa destitution. Le Parti du mouvement démocratique brésilien, dirigé par le vice-président de la République Michel Temer, tente d'entraîner dans son sillage d'autres partis hésitants du "grand centre" mou de la coalition gouvernementale pour précipiter la chute de la présidente. La présidente est accusée d'avoir fait supporter par des banques publiques des dépenses supplémentaires non-inscrites au budget, en 2014 et 2015. L'opposition l'accuse ainsi d'avoir sciemment maquillé les comptes publics pour dissimuler l'ampleur des déficits et favoriser sa réélection en 2014. Dilma Rousseff rétorque que tous ses prédécesseurs ont eu recours à ces tours de passe-passe budgétaires sans jamais avoir été inquiétés. Elle assure n'avoir commis aucun "crime de responsabilité", elle se dit victime d'une tentative de "coup d'Etat" institutionnel émanant d'une opposition revancharde n'ayant pas digéré sa défaite électorale en 2014. (Belga)

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