Brésil: Dilma Rousseff dénonce les "méthodes fascistes" de ses opposants

25/03/16 à 06:36 - Mise à jour à 06:36

Source: Belga

(Belga) La présidente brésilienne Dilma Rousseff a dénoncé, "les méthodes fascistes" de certains de ses opposants politiques, répétant n'avoir aucune intention de quitter le pouvoir, dans un entretien à cinq quotidiens internationaux dont le Guardian, Le Monde, ou El Pais.

"Pourquoi veulent-ils que je démissionne ? Parce que je suis une faible femme ? Je n'en suis pas une", a-t-elle affirmé. La dirigeante de gauche, visée par une procédure de destitution au parlement, a accusé ses rivaux de vouloir la pousser à la démission pour "contourner la difficulté de faire quitter le pouvoir - indûment, illégalement et criminellement - à un président légitimement élu". L'opposition accuse la dirigeante de gauche, au pouvoir depuis 2011, d'avoir maquillé les comptes de l'Etat en 2014, pour minimiser l'ampleur des déficits publics et favoriser sa réélection, ainsi qu'en 2015. Une Commission spéciale de députés examine depuis une semaine la demande de destitution soutenue par l'opposition, alors que sa coalition parlementaire se délite dangereusement. Cette commission rendra un rapport qui sera soumis à l'assemblée plénière des députés dont le vote pourrait intervenir mi-avril. Deux tiers de voix des députés seraient nécessaires pour que la procédure se poursuive devant le Sénat. Dans le cas contraire, elle serait enterrée. "Nous n'avons jamais vu une telle intolérance au Brésil", a dit la présidente, selon le compte-rendu en anglais de l'entretien disponible jeudi sur le site internet du quotidien britannique. "Je ne compare pas le coup d'Etat ici aux coups d'Etat militaires du passé mais ce serait une rupture de l'ordre démocratique du Brésil", a-t-elle encore affirmé. Mais "qui est là pour bénéficier (d'une destitution)? Je peux vous assurer qu'ils sont dans les coulisses du pouvoir", a déclaré la présidente, selon le New York Times. Une allusion à peine voilée à son vice-président, le chef du grand parti centriste PMDB qui menace de quitter le gouvernement. En cas de destitution, "les retombées d'une rupture de notre normalité démocratique pourraient durer des décennies", a-t-elle assuré, selon le New York Times. Pour contrer cette procédure, "nous userons de toutes les méthodes légales disponibles", a-t-elle prévenu. Dilma Rousseff a également pris la défense de l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), son mentor politique, affirmant qu'il n'était "pas juste un brillant négociateur" mais qu'il avait "aussi compris tous les problèmes du Brésil", selon The Guardian. Quant au fait de l'avoir désigné comme chef de cabinet (quasi Premier ministre) -une nomination suspendue pour possible entrave à la justice ordinaire-, la présidente a rappelé que cela ne "l'immunisait pas vis-à-vis de l'enquête". "Il doit faire face à une enquête de la Cour suprême. La Cour suprême, ce n'est pas suffisant pour enquêter sur Lula ?", a-t-elle argumenté. La "paix règnera" au Brésil au moment des Jeux Olympiques, en août, a promis Dilma Rousseff. (Belga)

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