Bourgeois (N-VA) : "le véhicule belge est une barrière"

17/11/10 à 15:17 - Mise à jour à 15:17

Source: Le Vif

Ce que l'Union européenne compte de partis autonomistes, régionalistes, indépendantistes s'est donné rendez-vous à Bruxelles. La N-VA en était, avec un message sans ambiguïté : "l'indépendance de la Flandre est inévitable."

Bourgeois (N-VA) : "le véhicule belge est une barrière"

© Belga

Négociations politiques obligent, la N-VA a appris à mettre une sourdine à ses aspirations les plus profondes. Parlez-leur indépendance, les dirigeants nationalistes flamands vous répondent confédéralisme. Ils renvoient la fin de la Belgique aux calendes grecques en se gardant d'aborder franchement le sujet. Mais entre formations politiques faites pour s'entendre, le naturel revient au galop. Encore que prudemment.

Ce mercredi, sous la bannière de l'Alliance Libre Européenne présidée par le N-VA Eric Defoort, la constellation de 27 partis indépendantistes, autonomistes ou régionalistes, tenait congrès au Parlement européen. Parmi la Ligue savoisienne, le Parti national écossais, l'Union du Peuple Alsacien, d'autres formations galloise, catalane, basque, silésienne, bretonne, corse, vénitienne ou venues d'autres horizons encore, la N-VA fait figure de bon élève de la classe. Son statut envié de premier parti de Belgique et de Flandre en fait un poids lourd du rassemblement. Et en prime, elle jouait à domicile : "bienvenue à vous dans la capitale de l'Europe et bien sûr de la Flandre", lance son représentant.

"1,2 million Flamands sont d'accord avec notre point de vue"

Invité à faire part de l'expérience nationaliste flamand, le ministre régional Geert Bourgeois a dû déclarer forfait pour cause d'agenda. C'est son chef de cabinet, Koen Kennis, qui se charge de faire passer le message, mot pour mot. Il est sans ambiguïté : "le véhicule belge est une barrière sur la voie du bien-être de la Flandre. Et les Flamands sont désormais d'accord avec ce point de vue." Les nationalistes flamands ont à présent le nombre pour eux : "1, 2 million Flamands ont voté pour nous le 13 juin dernier. Ils ne sont pas devenus nationalistes du jour au lendemain. Mais ils ont compris que la structure belge ne convient plus." Il n'y a plus grand-chose de bon à faire avec les francophones. Une preuve : "après le scandale Dutroux, on a voulu réformer la Justice mais sans résultats en raison du veto de magistrats francophones." Désolé pour ces francophones qui "ne veulent vraiment pas se joindre à nous dans cette nouvelle aventure", relaie le chef de cabinet de Bourgeois. Lequel admet au passage qu'"il est beaucoup plus facile d'aspirer à l'indépendance quand on est une région nantie."

Moralité : le cadre belge, cliniquement mort, n'a plus de raison d'être. "Un pays fédéral mais en réalité semi-confédéral, avec deux démocraties, deux sociétés, .des échelles de valeurs différentes." Hors indépendance de la Flandre dans l'Union européenne, point de salut : "elle représente la seule possibilité de défendre et de représenter six millions d'habitants. Depuis la création de la Belgique, la Flandre est devenue une nation comme le pays de Galles et l'Ecosse." Une nation qui n'attend plus que de devenir un Etat. Le plus tôt sera le mieux ? No comment, pas de pronostics. Juste une certitude : "Nous voulons accompagner cette indépendance par l'évolution et non la révolution. Mais elle est inévitable."

PIERRE HAVAUX

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