Bogaert souhaite une évaluation annuelle des fonctionnaires

02/01/12 à 21:43 - Mise à jour à 21:43

Source: Le Vif

Le secrétaire d'Etat à la Fonction publique et la Modernisation des Services publics, Hendrik Bogaert (CD&V), a déclaré ce lundi vouloir introduire une évaluation annuelle "harmonisée" pour les fonctionnaires.

Bogaert souhaite une évaluation annuelle des fonctionnaires

© Belga

M. Bogaert a tenu ces propos en marge du Bal annuel des fonctionnaires, qui se tenait ce lundi à Bruxelles, aux chaînes de télévision RTBF et VRT, ajoutant qu'il s'agirait d'évaluations "harmonisées".

Jusqu'à présent, les fonctionnaires sont soumis à une évaluation tous les deux ans et ne peuvent être licenciés qu'après deux évaluations négatives. Il faut ainsi au moins quatre ans avant de renvoyer un fonctionnaire qui ne convient pas.

Hendrik Bogaert a assuré qu'il avait déjà eu des "contacts informels" avec les syndicats et les administrations et qu'il ne s'attendait pas à une opposition à son plan.

La CGSP s'oppose

La CGSP a fait part de son opposition au plan du secrétaire d'Etat. "C'est un système irréaliste, d'autant que les fonctionnaires sont loin de travailler dans des conditions optimales", a précisé Roland van Singel, secrétaire général de la CGSP Amio.

Selon ce dernier, il est par ailleurs faux d'affirmer que les fonctionnaires ne peuvent être licenciés. "Cela découle d'une mauvaise connaissance de la législation. Si un fonctionnaire fait l'objet de 2 évaluations négatives en 3 ans, il peut perdre son emploi", a commenté le responsable du syndicat socialiste.

Lundi, Hendrik Bogaert avait appelé, en marge du Bal des fonctionnaires, à des évaluations annuelles alors que selon le secrétaire d'Etat, les fonctionnaires ne sont soumis à l'heure actuelle qu'à une évaluation tous les deux ans et ne peuvent être licenciés qu'après deux évaluations négatives.

Les déclarations sont prématurées, selon la CSC

Les déclarations du secrétaire d'Etat sont "prématurées", a réagi la CSC, emboîtant ainsi le pas à la CGSP. "Le secrétaire d'Etat a annoncé qu'il entendait instaurer un système d'évaluation annuelle des agents de la Fonction publique fédérale, permettant à l'autorité de licencier les agents qui ne donneraient pas satisfaction", rappelle la CSC dans un communiqué. "Il aurait même compris que les organisations syndicales n'y mettraient pas d'obstacle. De telles déclarations sont prématurées et le Secrétaire d'Etat ferait mieux de tout mettre en oeuvre pour que la Fonction publique fédérale reste un employeur attractif", ajoute le syndicat chrétien.

Selon ce dernier, Hendrik Bogaert "semble par ailleurs ignorer le système d'évaluation existant appelé 'cercles de développement'". "Le but d'un système d'évaluation n'est pas à priori de licencier mais bien, par le dialogue, d'évaluer de quelle manière un agent peut, dans le cadre d'un accompagnement individuel, développer ses compétences et contribuer ainsi à la réalisation des objectifs de l'organisation et à un service au public meilleur", poursuit la CSC qui assure avoir remis au secrétaire d'Etat "un inventaire des grands chantiers à reprendre".

La CSC affirme enfin "attendre de la part du Secrétaire d'Etat, une réponse urgente quant au maintien du régime de la semaine de 4 jours, qui, en vertu d'accords intersectoriels précédents, aurait déjà dû être prolongé après le 31 décembre 2011."

Bogaert "réagit trop vite"

L'Union nationale des Services publics (UNSP) - Secteur Finances est d'avis que le Secrétaire d'Etat à la Fonction publique et la Modernisation des Services publics, Hendrik Bogaert (CD&V), "réagit trop vite" concernant l'évaluation annuelle des fonctionnaires fédéraux.

L'UNSP estime en effet qu'il est difficile de faire une évaluation des fonctionnaires en pleine réforme de l'Administration et pointe dès lors un problème de timing. De plus, "le nouveau Secrétaire d'Etat a encore une connaissance insuffisante du dossier et ne tient pas compte de la situation du SPF Finances, qui comprend quasiment la moitié des fonctionnaires fédéraux", ajoute-t-elle.

L'UNSP, qui constate que M. Bogaert a eu des contacts informels avec les syndicats traditionnels, regrette de ne pas avoir été consultée. Par ailleurs, l'UNSP dénonce la lourdeur du système d'évaluation, n'hésitant pas à parler de "futur échec bureaucratique" au sein du SPF Finances. Elle explique que le nombre d'entretiens est inapproprié en raison de "la situation catastrophique de certaines administrations, notamment à cause du personnel nettement insuffisant".

En conclusion, l'UNSP déclare ne pas être opposée en principe au système d'évaluation, "pour autant que l'évaluation se passe dans le cadre d'un dialogue constructif entre l'évaluateur et l'évalué" et que "les modalités pratiques soient négociées au préalable avec les organisations syndicales représentatives". Elle propose dès lors une période d'évaluation de trois ans avec une période de remédiassions d'un an.

Levif.be, avec Belga

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