"Blocage total" des prisons après l'agression de trois gardiens par un djihadiste en France

15/01/18 à 09:21 - Mise à jour à 09:23

Source: Belga

(Belga) Les premières opérations de "blocage total" des prisons françaises ont débuté lundi à l'aube à l'appel de syndicats de surveillants qui réclament plus de sécurité après l'agression de trois gardiens par un détenu djihadiste dans le nord de la France.

"C'est une opération prison morte. Tout sera fait au ralenti. Les agents sont très déterminés", a déclaré à l'AFP Jean-François Forget du syndicat Ufap-Unsa Justice. Des débrayages avaient déjà eu lieu dans plus d'un tiers des établissements pénitentiaires français, vendredi, au lendemain de l'agression qui a eu lieu à la prison de Vendin-le-Vieil. Trois gardiens avaient été blessés à l'arme blanche par l'islamiste allemand Christian Ganczarski, un des instigateurs de l'attentat contre la synagogue de Djerba (Tunisie), qui avait fait 21 morts en avril 2002. A Vendin-le-Vieil, une centaine de surveillants bloquaient à nouveau, "quasiment totalement", la prison lundi matin, a constaté une journaliste de l'AFP. Les syndicats critiquent en particulier le récent allègement des conditions de détention de Christian Ganczarski et réclament le départ du directeur de cet établissement, situé à une trentaine de kilomètres au sud de Lille. La deuxième revendication semble avoir été entendue puisque le directeur de la prison a demandé à être "relevé de son commandement", a indiqué le directeur interrégional des services pénitentiaires Alain Jégo. La ministre de la Justice Nicole Belloubet doit se rendre mardi dans cette prison ultra-sécurisée qui doit accueillir Salah Abdeslam, seul survivant des commandos jihadistes qui ont attaqué Paris le 13 novembre 2015, pendant son procès en Belgique en février pour une fusillade à Bruxelles pendant sa cavale. Samedi matin, le cabinet de la ministre a reçu les syndicats, mais ceux-ci disent avoir quitté les discussions en "claquant la porte", déplorant le manque de "réponse concrète". Ailleurs en France aussi, des barricades ont été dressées dès l'aube autour des prisons. Plusieurs établissements de la région parisienne étaient totalement bloqués, selon des sources syndicales à l'AFP. Aux Baumettes, à Marseille (sud-est), une cinquantaine de gardiens, postés devant les deux entrées de la prison, entendent bloquer "pendant quelque temps" l'entrée des agents venant prendre leur service. (Belga)

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