Blocage au parlement wallon: les nouveaux élus n'ont pas prêté serment

11/06/14 à 07:37 - Mise à jour à 07:37

Source: Le Vif

Les nouveaux élus du parlement wallon ont été dans l'impossibilité mardi de prêter serment en raison d'un blocage du MR en commission de vérification des pouvoirs, où le sort leur a donné une majorité de quatre députés sur sept.

Blocage au parlement wallon: les nouveaux élus n'ont pas prêté serment

© Image Globe

Le blocage porte sur le recours du PTB dans la circonscription de Charleroi, où ce parti réclame un recomptage des voix qui pourrait lui permettre de décrocher un voire deux sièges. Le président du bureau de dépouillement et deux assesseurs avaient averti par courrier après le scrutin de l'existence de problèmes au dépouillement.

Deux élus réformateurs de la commission ont exigé des auditions, que deux autres élus ont refusées, a affirmé Maxime Prévot (cdH), qui était l'un de ces derniers. Le MR fait valoir pour sa part la sécurité juridique nécessaire à ce genre de décision.

Le blocage, qui a contraint les nouveaux élus à attendre de nombreuses heures dans la cour du parlement wallon, a abouti à l'ajournement de la commission jusque mercredi midi. Les élus wallons en étaient ainsi réduits à attendre une nouvelle convocation pour prêter serment.

"La démocratie ne peut pas souffrir de zones d'ombre", a commenté François Bellot (MR), qui présidait la commission de vérification des pouvoirs. Sans ces précautions, le soupçon d'une entente des grands partis contre les plus petits serait jeté dans l'opinion, a-t-il estimé, plaidant pour le sérieux et disant ne pas préjuger de la décision finale de la commission ni de la plénière.

Dans les rangs socialistes et cdH, on ne se privait pas pour dénoncer une prise en otage du parlement et de la flibuste parlementaire, soulignant les dégâts que pourraient causer de tels atermoiements dans l'opinion publique.

Mais le PTB y voyait pour sa part la preuve que sa présence dans une assemblée servait déjà de poil à gratter à la démocratie, a commenté son porte-parole Raoul Hedebouw. Il a rappelé la faiblesse d'une commission parlementaire chargée de se prononcer sur les recours électoraux, avec des élus "juges et parties". "On est au coeur de ce qui a été condamné par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH)", a-t-il estimé, se référant à l'arrêt de 2010 "Grosaru contre la Roumanie".

Il s'est dit inquiet que les partis de la probable future majorité wallonne, le PS et le cdH, soient selon lui prêts à "balayer d'un revers de main" les recours intentés.

Le candidat tête de liste du PTB à Charleroi, Germain Mugemangango, a pour sa part estimé que le déroulement de la journée démontrait à tout le moins que son recours était fondé. Le parti d'extrême gauche demande de recompter les près de 21.000 votes déclarés nuls à Charleroi, car il est passé selon ses calculs à 14 voix d'un siège, voire deux en raison de l'apparentement.

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