BHV : l'intelligence de Di Rupo et le courage de Charles Michel

15/09/11 à 12:19 - Mise à jour à 12:19

Source: Le Vif

C'est un accord historique. Ce n'est pas la première fois qu'on entend cela. Cette fois-ci le terme ne semble pas usurpé si l'on en croit le politologue de l'université d'Anvers, Dave Sinardet.

BHV : l'intelligence de Di Rupo et le courage de Charles Michel

© Belga

La dramatisation, la clé du succès? "Cette dramatisation a eu ceci de bon qu'elle a permis de mettre la pression maximale sur les huit partis réunis autour de la table. Sans cela, on en serait peut-être encore à tergiverser. Les négociations végétaient déjà depuis plus de 10 jours et cela aurait pu continuer longtemps. Le message de Di Rupo était clair : maintenant ça passe ou ça casse. Et si ça casse, cela risque d'être le chaos... Par ailleurs, personne ne souhaitait donner raison ou le champ libre à la N-VA et ce, aussi bien du côté des néerlandophones que des francophones. Un communiqué nocturne, Leterme qui s'en va, le roi qui revient, quelques déclarations tonitruantes,...On ne peut nier le fait que c'est la combinaison des différents éléments qui a permis de mettre un maximum de pression sur le MR et Le CD&V, principal frein à l'accord. Ces derniers n'avaient alors d'autres choix que de prendre leur responsabilité."

Di Rupo et l'accord historique
"On ne peut qu'envoyer des louanges à Di Rupo qui a réussi à sceller un accord sur une note qui n'a pas fondamentalement changé depuis un an. Il a, avec les huit partis autour de la table, conclu un accord historique. On a déjà souvent employé ce terme, mais dans ce cas-ci on peut l'utiliser sans crainte. Il s'agit bel et bien d'un accord historique. Depuis plus de 40 ans, BHV empoisonne la vie politique belge et il n'y avait pas de gouvernement stable sans accord sur BHV. Avec cet accord on enlève une épine dans le pied des politiques et on leur permet de continuer les négociations sur des bases plus sereines. Ce que Di Rupo a créé, c'est un effet de groupe et de confiance entre les huit partis. Ce qui est plutôt de bon augure pour la suite et qui a permis à la nouvelle génération de prouver qu'elle était capable d'arriver à un accord."

Charles Michel très courageux.
"Charles Michel a pris une décision qui n'était pas facile. C'est très courageux de sa part. Surtout par rapport au FDF. Mais il est vrai que le FDF avait commis quelques fautes de communication durant le week-end avec des déclarations explosives. Nombreux, même au MR avaient été choqués par ces propos. On avait dès lors pu constater une certaine irritation. Une irritation accompagnée d'une impression que quoiqu'il arrive ce ne serait jamais assez. De plus en plus, au MR, on souhaitait ne pas donner l'impression que le parti était monopolisé par le FDF. Cela dit Charles Michel devrait obtenir en contrepartie des avancées sur des domaines plus socio-économiques."

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