Bernard Wesphael, une affaire qui ressemble à du Simenon

02/10/16 à 11:00 - Mise à jour à 11:01

Source: Le Vif/l'express

Jacques Dubois est docteur en philosophie et lettres et professeur émérite de l'université de Liège. Il est spécialiste de l'oeuvre de Georges Simenon. En marge du procès Wesphael, aux Assises de Hainaut, où l'ex-député wallon affronte des accusations terribles (la mort de son épouse, Véronique Pirotton), nous l'avons sollicité.

Vous qui avez édité l'écrivain liégeois dans la Pléiade, voyez-vous des similitudes entre le drame d'Ostende, ce huis clos de la chambre 602 de l'hôtel Mondo, et l'oeuvre de Simenon ?

Je ne peux répondre que oui. Il y a une tonalité simenonienne dans cette histoire qui concerne des gens ni tout à fait médiocres ni tout à fait sordides, des gens moyens, un peu gris, au départ tout au moins. On a ce mélange extraordinaire de personnages qui sont quand même dignes d'estime, qui auraient pu mieux tourner et qui ont galvaudé leur vie avec l'alcool, les liaisons amoureuses, un manque de cohérence... Georges Simenon a écrit 200 romans, tous très différents. Cela peut aller du roman très épuré à une histoire enchevêtrée et complexe. Ce qui est plutôt le cas ici. La vie de la victime et du présumé coupable sont des vies banales et en même temps compliquées, tordues. Le roman qui m'évoque le plus cette affaire est Lettre à monjuge. C'est l'un des rares romans de Simenon où nous suivons un procès. Souvent, l'enquête est la trame même du roman. Dans Lettre àmon juge, le héros est éperdument amoureux et, pourtant, il étrangle sa jeune amie, une Liégeoise rencontrée dans un bar en France. C'est une histoire d'excès d'amour. Peut-être q...

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