Bernard Wesphael : mal aimé, mal aimant ?

19/09/16 à 06:00 - Mise à jour à 06:14

Source: Le Vif/l'express

Bernard Wesphael a toujours voulu séduire, à tout prix. Comme il a toujours dû convaincre de sa logique antisystème. Jusqu'à se fracasser en politique et dans sa vie privée. Métaphore d'un milieu qui grise et broie, plus souvent qu'à son tour ?

Si l'affaire Wesphael est ultramédiatisée, c'est en raison du statut et de la personnalité de l'inculpé : homme politique, député wallon, figure historique d'Ecolo, chef de parti, écorché vif, rebelle magnifique depuis trente ans. A la fois polar et tragédie grecque, le drame à huis clos qui s'est déroulé à Ostende le 31 octobre 2013 se confronte aussi à certaines réalités du monde politique qui est théâtralisé, énergivore, égocentré, digérant mal l'échec, la contradiction, faisant se côtoyer stratégie et brutalité, calculs et emportements... Un univers qui lessive, absorbe, obsède et peut mener ses acteurs aux sommets les plus enivrants comme au fond des abîmes les plus dévastateurs. Ses acteurs ? Souvent des bêtes de combat, des guerriers soucieux de tout maîtriser, vite cassants et méprisants. Toute leur existence est vouée au pouvoir, à sa quête et sa conservation. Jusqu'à ce que la réalité, parfois, les rattrape. Bernard Wesphael est de ceux-là. Un lutteur, qui a dû batailler pour s'imposer, pour être reconnu. Il s'est enivré de ce cirque permanent, lui aussi. Il en a goûté les délices et traversé les tourments, avant de se faire broyer par sa violence. Convaincu d'avoir été trahi, abandonné, incompris. Seul, forcément seul, il a sans cesse voulu tout révolutionner. Pour finir par exaspérer les uns et, pire, se faire railler des autres.
...

Vous souhaitez continuer à nous lire?

Inscrivez-vous afin de pouvoir lire 4 articles gratuits par mois.

Nos partenaires